réveil Popovitch blog bd show
10 mai 2007,20h16

Tintin, du Congo a l’Elysée

Aujourd’hui, Chirac et Sarkozy commémorent ensemble l’abolition de l’esclavage. C’est beau. C’est surement pour nous faire oublier cette petite phrase ambiguë post électorale sur “la fin de la repentance, qui est une forme de haine de soi”. Pour nous faire oublier aussi que deux siècles après son abolition, l’esclavage fait toujours des ravages. Que plus de 700 000 Africains en sont les victimes chaque année, comme 4 millions de personnes dans le monde. Pour nous faire oublier que l’esclavage moderne ne se situe plus en Afrique mais dans les pays industrialisés. Comme aux USA avec ces prisonniers qui partent tels des bagnards travailler au champ dans l’Etat du Colorado, quand ce n’est pas les immigrés clandestins venus du Mexique. Comme en Italie avec ces polonnais qu’on fait travailler 15 heures par jour sous les coups pour juste un peu d’eau. Comme ces immigrés maliens qui travaillent pour rien, sur les chantiers français et qu’on vient expulser une fois les tours construites.

Ces beaux discours commémoratifs ne sont là que pour rassurer ceux qui veulent bien les écouter. Les esclavagistes ont de beaux jours devant eux. Et ne vous leurrez pas, quand la France hurle au génocide au Soudan, c’est uniquement parce qu’elle ne fait pas le poids entre les USA et la Chine pour espérer un morceau du gateau pétrolier de ce joli pays. Il en allait de même quand les USA hurlaient au dictateur quand Saddam régnait en Irak et que seuls ses amis français et allemands avaient ses faveurs et son pétrole. Comprenez bien que Villepin a l’ONU, drapé dans sa toge blanche immaculée, ne discourait pas de paix, ni de respect humain.

Nous avons construit des empires, et plus ils sont grands plus ils sont difficiles à gérer. Les empires ne sont jamais démocratiques, ils réduisent au silence, ils assoient leur pouvoir de telle façon que rien ni personne ne puissent venir les contester. Cela a commencé avec les pays du tiers-monde et cela ne nous dérangeait pas, la misère étant toujours moins choquante quand elle est loin ; et cela continuera ici, chez nous, quand a force d’avoir pompé jusque dans les propres richesses de leurs pays, les Etats corrompus et leurs amis se retrouveront dans l’obligation de matter et d’écraser des populations un peu trop véhémentes.

Pour le Sierra Leone. Pour le Liberia. Pour la Côte d’Ivoire. Pour le Togo. Pour le Tchad. Pour le Nigeria. Pour le Gabon. Pour le Congo Brazzaville. Pour la RDC. Pour l’Angola. Pour le Soudan. Pour l’Ouganda. Pour tous les autres. Et pour nous. Dénonçons ces discours.

attila



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