Jeliza-Rose est enfant de junkies, et ça déjà , c’est pas facile.
Quand sa mère meurt d’une overdose (de méthadone !), son père, après avoir tenté de brûler le corps "comme dans un rite viking", entraîne sa petiote chez la grand mère qui habite au fin fond de nulle part.
Las, la mère-grand est décédée depuis belle lurette et la maison ressemble à un vieux squat dégueu. Pas de problème pour l’ancien rocker, avant de trouver à manger et de faire de l’endroit un lieu vivable, il se fait un shoot - chacun ses priorités- et part "explorer les profondeurs".
Pendant ce temps, Jeliza-Rose, gamine délurée qui semble avoir hérité de l’imagination baroque de son paternel, explore les environs et découvre d’étranges personnages, comme une voisine borgne et son frère simplet qui nage dans les blés. (hé oui) Le tout en dialognant avec ses poupées, que pragmatique elle a réduit à leurs têtes ( ça prend moins de place dans les poches et surtout c’est pratique pour exprimer des tendances schizophrèniques et des émotions contradictoires).
En adaptant le livre culte (en tout cas aux states, perso jusqu’ici, je n’avais jamais entendu parler de ce livre, qui maintenant fleuri dans toutes les librairies) de Mitch Cullin, Terry Gilliam s’attaquait à un sacré morceau, car nombreux étaient les écueils.
Jeliza-Rose est en effet confrontée à des situations proprement terrifiantes, macabres, et parfois franchement limites dans le malsain. L’amour entre une enfant et un adulte, fût il simplet, met toujours mal à l’aise (il n’y a qu’à se rappeler la scène , dans Birth , où Nicole Kidman prend un bain avec un gosse de 10 ans qui se prétend la réincarnation de son défunt mari. Bouak).
Et pourtant, pourtant... on est en pleine féerie. L’imagination fertile et l’innocence sans naïveté de Jeliza-Rose (incroyable Jodelle Ferland !), sa volonté de lutter contre le desespoir par le rêve, et même l’amour présent tout au long du film ( Jeliza entetient un rapport de tendresse avec tous les protagonistes, même si ces derniers ne l’aiment pas de manière adéquate), font que tout l’aspect cauchemardesque ne dépasse pas le cadre onirique, et donc ne devienne pas pesant car réel, inéluctable.
Un monde noir et magique un peu à la Tim Burton en quelque sorte.
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