> Au lendemain de l’explosion de la bulle internet, la Fed et son Gourou Alan Greenspan ont baissé drastiquement les taux d’intérêt pour relancer les investissements/la consommation.
> Les banques ont commencé à fourguer des crédits à risque et à taux variables à tour de bras pour que l’américain lambda puisse acheter des voitures, des machines à laver, mais surtout des maisons.
> Le niveau d’épargne est devenu très nettement inférieur au niveau des investissements
> Le cash s’est fait de plus en plus rare sur le MM
> Le taux directeur s’est mis à grimper
> Les emprunteurs et leur taux variable boosté à l’hormone de croissance, n’ont plus pu rembourser leurs emprunts : le taux appliqué à leurs emprunts s’est envolé et les annuités dont ils devaient s’acquitter chaque mois sont devenues trop élevées.
> Plutot que d’arrêter les frais, ils ont souscrit à des crédits à la consommation pour pouvoir rembourser leur emprunt immobilier. Ici un article intéressant.
> Et puis ils ont fait faillite, la banque a saisi leur maison qui s’était évidemment faite hypothéquée comme garantie au moment de l’emprunt.
> Les banques se retrouvent avec des tas de maisons sur les bras. Elle doivent les revendre et font chuter le marché de l’immobilier en vendant massivement.
> les investisseurs étant méfiants et les taux d’intérêt si haut, le marché de l’immobilier continue à plonger.
> Certaines banques font faillite : elles n’arrivent pas elles non plus à rembourser les emprunts qu’elles ont pris sur le MM auprès d’autres investisseurs institutionnels.
> Les particuliers se précipitent dans leur banque pour retirer massivement leur argent. Ils n’ont plus confiance dans ces établissements financiers qui ne peuvent pas solder les comptes de chaque client faute de liquidité.
> D’autres banques font encore faillite. Les investisseurs institutionnels deviennent très méfiants les uns envers les autres : l’argent se fait encore plus rare sur le MM et les taux augmentent encore.
> Dans ce contexte tout le monde est méfiant et met ses billes de coté. Et avec un taux d’intérêt élevé, il devient vraiment intéressant d’épargner.
> Dans les banques qui ont su tirer leur épingle du jeu ou qui avaient les reins assez solides, l’épargne devient supérieure aux investissements
> Le taux directeur sur le MM redescent
> Et on repart pour un tour, à moins que...
Les Etats Unis sont déjà en train de morfler sévèrement. De chez nous on le voit avec le Dollar qui s’effondre par rapport à l’Euro. En effet, la FED baisse son taux d’intérêt directeur, ce qui concrètement veut dire faire tourner la planche à billet pour injecter de la liquidité sur le MM. Forcément ça créé de l’inflation et fait chuter le Dollar.
En Angleterre, la Northern Rock est la première banque Européenne à avoir fait faillite suite à une grosse perte sur le marché des subprimes et une perte de confiance des clients qui sont tous venus retirer leur argent. Elle vient d’être nationalisée, ca permet de sauver les apparences et de calmer les esprits pour un temps
Les banques du monde entier annoncent des pertes lourdes liées aux subprimes. En France toutes les banques ont perdu quelques milliards, mais leurs résultats restent positifs (malgré ses exploits, la SG a quand même dégagé un bénéfice de quasiment 1 md d’EUR). Cela veut dire que les établissements bancaires français et les français en général sont restés à peu près raisonnables. On va en chier, mais pas comme les ricains. Vous noterez que durant ces dernière années la Fed a continuellement baissé son taux directeur tandis que la BCE à toujours fait évolué ce taux avec raison et parsimonie. Au grand dam de Sarkozy...
Aux Etats Unis, la plupart des banques ont fait des pertes très lourdes et elles sont quasiment toutes dans le rouge. Actuellement, ça se traduit par des licenciements. La direction de NY est venue nous voir et, enrobé dans un discours hyper positif, ils ont dégagé tous les consultants. Première étape d’une longue série (mais ne vous inquiétez pas pour moi, Dieu bénisse la Suisse et son secret bancaire, ce n’est pas demain qu’on pourra délocaliser mon job en Inde).
Et pour les particuliers, dans un futur proche (qui je suis sûr se trouve déjà être un présent aux USA), nous verrons des suicides, des prises d’otages désespérées, des faillites retentissantes, des SDF à la pelle, et de la misère comme jamais.
Ces conseils ne sont pas garantis 100% bons, mais ils sont gratuits et assurément plus fiables que ceux de votre conseiller clientèle.
Si cet exposé vous a plu et que vous êtes un fan de Kerviel, je ferai comme si ce mec est mon héros pour le mois prochain. Vous aurez évidemment droit au très technique descriptif des marchés à terme (ce qui pourrait être très précieux pour notre catégorie " nouveau propriétaire, qui a acheté son bien immobilier au plus haut et qui a emprunté avec un taux variable"). Si ça vous a saoulé, je ne recommencerai pas, promis.
Une dernière chose : l’illustration ci dessous est une toile de 81x65 en vente pour la modique somme de 5 milliards d’EUR. Tout l’argent sera reversé au fonds caritatif "sauvez Dany".
8Très intéressant et instructif cet article. Les conséquences d’une crise , d’un krack boursier vont au-delà de l’aspect économique. ça m’a fait penser à un vieux film de 1955, qui relate une histoire ayant lieu en 1929 aux Etats-Unis : La nuit du chasseur de Charles Laughton (son seul film d’ailleurs, mais devenu culte).
Hormis les hold-up, la misère, la déprime en temps de dépression, on voit ressurgir de vieux démons...Le recours à la religion, à sa forme la plus extrême. Car avec la peur du lendemain vient toujours la nécessité de se raccrocher à de vieilles croyances, de recouvrer la foi qu’on avait semble-t-il perdu, moutons égarés que nous sommes. La misère ! tel sera notre châtiment...
Mais Sarko est déjà une plaie, pire que celles d’Egypte. Etre pauvre sous la présidence de Sarko, si ça c’est pas être damné !
Bien vu l’attaque éclaire Pikachu. Le tracker proposer dans l’article est une daube. Ce produit là illustre mieux ce que je voulais dire. Mais attention, UBS c’est des voleurs !
Sinon pour taux fixe VS taux variable, je maintiens mon point de vue. Même si tu peux payer plus cher avec un taux fixe, tu sais ce que tu payes et tu n’as pas de mauvaise surprise. Par ailleurs je te rappelle qu’à la fin des années 70, avec une inflation de maboule, les taux sont montés à 15%. Donc on a de la marge à la hausse encore, d’autant qu’une forte inflation est un scénario tout à fait probable dans un future proche.
Je tacherai de faire une BD prochainement