Si vous ne voyez pas ce film, retenez au moins 2 choses (no spoiler inside) :
- Mathieu Amalric est un acteur vraiment excellent, je crois qu’il enterre Edouard Baer dans le genre “poète séducteur décalé désabusé”.
- Emmanuelle Devos est une actrice vraiment minable, probablement pire que Jennifer Lopez (quitte à jouer comme une enclume autant être bonne).
L’histoire ? Ceux qui veulent jouer aux malins me diront que c’est évident, vu le titre et le subtil jeu singulier / pluriel : ça parle d’une femme et des hommes de sa vie. Et bien oui mais non. Ce film de 2h30 s’arrête aussi beaucoup sur le personnage d’Ismaël, l’ex de Nora, et c’est tant mieux. Ismaël est limite nervous breakdown au début de l’histoire, et se retrouve en HP contre son gré. De son côté, Nora, trente ans et des brouettes, prépare son mariage avec un richissime connard, et va chercher son fils chez son père (le grand père du fils, le père de Nora, c’est complexe, faut suivre) ; l’état de santé allarmant du vieux oblige notre héroine à prendre des décisions importantes et à se confronter à ses démons...
A l’écran on alterne entre une scène agréable avec Ismaël, souvent drôle, parfois touchant, et une scène lourde avec Nora : thèmes abordés plus graves, personnages moins sympathiques et surtout le jeu insuportable de la Devos. Ce déséquilibre est plutôt bien vu, avec n’importe quelle autre actrice ça aurait sûrement été génial. En vrac on parle d’euthanasie, d’adoption, de la vie de couple, d’amour, de mort, de la famille ; ça fait beaucoup pour un seul film, mais c’est fait avec intelligence et donc excusé.
Quelques arguments de plus en faveur de ce film :
- une déclaration d’amour qui troue le fion, aussi chouette que celle de Chasing Amy et c’est pas peu dire.
- les yeux de l’infirmière de nuit, à l’hopital psy.
- les rôles secondaires excellents : l’avocat drogué d’Ismaël, sa soeur plus timbrée que lui, ses parents, ...
- c’est tourné en partie à Grenoble. Bon c’est tout sauf un argument mais fallait que je le dise.
- That’s my people de NTM dans la BO. Et ça c’est bien un argument.
Voilà. J’ai aimé, je recommande chaudement.
malgré Emmanuelle Devos.





