réveil Popovitch blog bd show
18 mars,00h22

Quel héros pour l’avenir ?

Entre Attali et Chouard mon coeur balance...

Mes chers lecteurs, je vous propose aujourd’hui un combat virtuel entre deux hommes peu communs ; tout d’abord vous aurez droit à un comparatif arbitraire et une présentation imprécise des combattants, avant de subir une conclusion percutante. Indice : La vraie valeur de l’article est plus dans les liens dont il est parsemé.

Etienne Chouard

A ma gauche, Etienne Chouard, 52 ans, professeur en économie gestion et en droit fiscal ; classe moyenne, non politisé ; il est connu pour sa prise de position contre le Traité Constitutionnel Européen en 2005. Il symbolise l’impact nouveau d’Internet sur la politique : citoyen anonyme, son opinion a pourtant été lue et débattue par une grande majorité des internautes.

Ses idées

  • Le pouvoir est de plus en plus verrouillé, la démocratie bafouée. Il s’est opposé au TCE, car une constitution doit être écrite par le peuple, compréhensible par le peuple, et doit limiter, contrôler, donner un cadre au pouvoir pour prévenir les abus, alors que le TCE était (pour lui) totalement à l’opposé.
  • Les banquiers sont l’ennemi à abattre. Si beaucoup sont d’accord pour dire que la seconde guerre mondiale est une conséquence de la crise de 29, il va plus loin en rejoignant la thèse du complot développé par l’historienne Anne Lacroix-Riz, qui explique que la seconde guerre mondiale aurait été souhaitée par le monde de la finance.
    Il souhaite que les banques centrales des états puissent de nouveau "faire tourner la planche à billets", et s’appuie sur les écrits de Maurice Allais, prix Nobel d’économie, pour dénoncer l’ineptie d’un système où la France (par exemple) doit payer 40 milliards par an d’intérêts à des banques privées.

Ses points forts

  • Il ne représente aucun parti, il ne se présente à aucune élection, ses intentions et sa démarche sont "nobles".
  • Issu des classes moyennes, on ne peut le taxer d’être "loin des réalités du quotidien"
  • Un talent d’orateur et une passion qui captivent

Ses points faibles

  • A une époque où l’on ne doit pas rêver, s’arrêter à des "détails" comme la démocratie au risque de mettre en retard la construction économique de l’Europe est mal vu
  • Clamer haut et fort son adhésion à la théorie du complot concernant la seconde guerre mondiale risque de le décrédibiliser.
  • Il n’a pas la volonté de se présenter, et son équivalent politique le plus proche, Olivier Besancenot, a un discours un peu plus "caricatural" et a quand même peu de chance d’arriver au pouvoir par les urnes...

A voir / à lire

Jacques Attali

A ma droite, Jacques Attali, 65 ans, économiste, écrivain et dirigeant de l’ONG PlaNet Finance. Ancien conseiller de Mittérand, on a récemment beaucoup parlé de lui à cause du rapport Attali, commandé par Nicolas Sarkozy, où il livre 300 mesures censées relancer la croissance ; ses détracteurs dénoncent des mesures très libérales alors que Jacques Attali s’est toujours considéré comme socialiste.

Ses idées

  • La gauche est morte si elle continue à ne pas prendre de décision, à nier la réalité de la mondialisation.
  • Le monde va mal et ça ne va pas aller en s’arrangeant : plutôt que de vouloir détruire le système (ce qui n’aura lieu qu’après travers une crise majeure) autant accepter les règles de jeu et faire au mieux. D’où le rapport Attali.
  • Les gouvernements ont de moins en moins de pouvoir, il faut inventer d’autres manières d’agir. D’où la création de l’ONG de micro-finance.

Ses points forts

  • Cet homme est un génie. On peut être d’accord ou pas avec les solutions proposées par le rapport Attali, on peut apprécier ou non l’homme, mais sa culture, son analyse de notre époque et sa vision de l’avenir en font un génie.
  • Comme Chouard, il ne souhaite pas le pouvoir ce qui lui donne plus de crédibilité qu’un politicien lambda.
  • C’est un réaliste, ses idées ont donc une chance d’être appliquées à notre époque.

Ses points faibles

  • Il fait partie d’une élite, et il suinte légèrement la suffisance.
  • Son équivalent politique doit se trouver entre Jospin et Juppé, ce qui reste vous en conviendrez pas bien sexy.
  • C’est un réaliste. Vive le rêve.

A voir / A lire

S’il fallait conclure

J’ai envie d’écrire cet article depuis quelques semaines mais je n’y arrive pas vraiment. J’ai listé des idées, des liens, sur deux visions du monde que j’ai envie d’opposer mais entre lesquelles je n’arrive pas à trancher. De coeur je souhaiterai un Chouard, et ma raison me souffle que seul un Attali pourrait apporter un peu de mieux là où l’utopiste se contentera de brasser du vent.

Je pense que c’est ce choix que la gauche va nous proposer dans les années à venir : le PS va finir de céder au libéralisme, pour devenir in fine un clone du Modem, et l’extrême gauche va enfin réussir à fonder ce grand parti d’union antilibéral. Et c’est probablement dès maintenant qu’il faut s’investir si l’on ne veut pas que le combat entre le coeur et la raison soit trop inégal...

10

jojo


sympa mais à mon humble avis pour trouver le héros qui nous mangera j’irai bien du côté des bridés, Ce sont eux les maîtres du monde et je doute qu’ils nous apprécient au point d’accepter nos points de vue réalistes ou utopistes ! S
S - 18 mars 2008, 10:31

Le PS est déjà, depuis longtemps, tout aussi libéral (au sens économique) que ne l’est le modem. L’antilibéralisme qu’il affiche en période électorale n’est là que pour lubrifier les report de voix de second tour.

Pour ce qui est de la fusion de l’extreme gauche, il y avait un créneau au sortir du réferendum qui s’est refermé, je pense, jusqu’à l’explosion du PS, qui me parait elle-même reportée par sa bonne tenue aux dernière municipales et l’absence de décollage du modem.

Je découvre les thèses "conspirationnistes" de Chouard, en fait je découvre même la théorie en question. J’ai pas trop le temps ni l’envie d’écouter les vidéos là maintenant. Du coup je parle sans savoir mais je dirais que si je n’ai pas trop d’illusions sur l’ethique de "la finance", je crois qu’à l’époque elle n’avait pas autant’ d’influence sur le cours des évenements...

Pour ce qui est des héros, (si je devais y croire) ce serait plutot un quarté Bayrou-Chouard-(Marx)-Thierry Crouzet. Je crois qu’il faut à la fois restaurer le pouvoir politique en refondant les institutions, afin de permettre à nouveau une politique sociale volontariste, ET inventer une troisième voie qui s’affranchisse à la fois du pouvoir politique et économique, basé sur le modèle de la coopération.

Fred Bird - 18 mars 2008, 11:11
Chouard amène une vison nouvelle, le citoyen intéressé qui posent des réflexions intéressantes, ça m’attire comme vison de l’avenir politique. Attali se place plus dans la politique, il a eu le gros avantage de faire un état des lieux et des perspectives à quelques dizaines d’années, ce que les politiques ne font plus en multipliant les réformettes et les déclarations d’intention, - de chômage + de pouvoir d’achats mais au final on fait rien ou pas grand chose. C’est un peu comme les frasques de notre président ça fait parlé ça occupe mais on n’est pas dans le bon plan pour agir. Mais quand je vois le tollé suscité, les réticences et les reculades je suis pas très optimiste. il reste du boulot. Changer la vision, passé au moyen/long terme, pour changer les mentalités, les blocages et au final enfin avancé.
fab - 18 mars 2008, 12:59

@S : l’Inde plus que la Chine aux dernières nouvelles... et à priori ces pays émergents restent très dépendant des USA et de l’Europe, vu qu’on est leur premiers clients.

@Fredbird : D’accord pour le PS, leur souci c’est de l’assumer et d’être clair. Sinon ils ouvrent grand la porte au Modem. Pour l’extrême gauche j’aimerai vraiment que tu te trompes, mais l’avenir nous le dira. Pour le complot de la synarchie qui entraine la seconde guerre, c’est intéressant à suivre.

jojo - 18 mars 2008, 17:31

Chouard : oui un citoyen qui donne une nouvelle dimension à la notion de forum, c’est très bien. Pour autant, je le trouve complètement à côté de la plaque. Une constitution n’a jamais été écrite par le peuple. Ni jamais été votée par référendum. Rêver c’est bien, mais entrainer les autres dans ses délires c’est plutot dangereux.

Attali : un type intègre avec les pieds sur terre. Je ne suis pas d’accord quand tu dis qu’il est plus politique. Il le precise bien dans son interview a la tele libre : il est au service du politique, mais le pouvoir ne l’intéresse pas. Je pense qu’Attali a aussi une part de rêve, mais lui les transpose en actions. Son ONG en est la preuve. Et il a une vision a court, moyen et long terme toujours pertinente et argumentée. Et puis c’est un type pour qui rien n’est plus précieux qu’un livre. Il a mon vote rien que pour ça.

@commentateurs : L’Inde et la Chine n’ont aucune chance sans l’Occident (depuis le 01 janvier le Hang Seng, principal indice boursier chinois, a perdu 23.11%). En revanche la Russie est plus inquiétante : nouvelle santé financière, indépendance énergétique, immense poids diplomatique et tout ça tenu par un régime de fer aimé par son peuple. Concernant la théorie du complot, je vous dis de vous méfier : c’est un complot. Je plaisante mais à peine. Je tiens à préciser 2 choses. La première c’est que les banques et les industriels profitent toujours des guerres, car pour faire la guerre il faut de l’argent et des fusils. Et ces derniers n’ont pas besoin de comploter pour qu’il y ait des guerres. La deuxième, c’est que la seconde guerre mondiale est la conséquence du nazisme, et que le nazisme est arrivé à son apogée par la propagation de l’idée du complot juif. Et rien que pour avoir verser dans la théorie du complot, Chouard hérite de tout mon mépris.

Enfin, le PS ne verse pas dans l’anti-libéralisme, même pendant les périodes electorales. Sauf peut être Fabius et Mélenchon, mais bon... Quant à une troisième voie qui s’affranchisse du pouvoir politique et économique, je n’y crois pas une seule seconde. On ne peut gérer une société avec 50 personnes d’avis différents. Le TCE qui était déjà le bébé d’une laborieuse coopération de 20 pays, n’avait aucune chance de fédérer lors d’un référendum. La politique exige un combat d’idée, et cela veut dire se positionner clairement.

Attila - 18 mars 2008, 19:31

@ Attila (l’anagramme d’attali d’ailleurs) je disais plus politique dans le sens que lui il est pas devant son pc, il est plus proche des politiques et du pouvoir), pas homme politique au sens ou il veut être elu on est d’accord.

sinon pour moi, c’est la crise de 29 qui a allumé la mèche, on verra bien ou nous amènera celle là.

fab - 19 mars 2008, 00:03
non, ce n’est pas la crise de 29. C’est le traité de Versailles. Les Allemands n’ont pas attendu 29 pour crever de faim. A la signature du traité, la France est la plus exigeante, tandis que coté US, Wilson est le seul à vouloir ménager les allemands pour éviter l’humiliation. L’Italie, pays allié de la France pendant la première guerre, se fait aussi baiser par les alliés, ce qui aura don de développer aussi le nationalisme dans ce pays. La suite on la connait.
Attila - 19 mars 2008, 08:04
Sans la crise de 29 les financiers n’auraient pas eu besoin d’une bonne grosse guerre pour relancer l’économie, et elle n’aurait probablement pas eu lieu. Regardez la vidéo où l’historienne développe sa thèse, c’est instructif. On est d’accord, Hitler et le nationalisme auraient sûrement existé sans la crise, mais l’Europe aurait mis un terme au ré-armement de l’Allemagne au lieu d’y participer.
Effectivement elle exagère peut être beaucoup de choses, mais je pense tout de même qu’il y a un fond de vérité, et son travail sur les archives (rendues publiques 60 ans après, c’est donc assez récent) doit être intéressant.
jojo - 19 mars 2008, 11:20
Les nazis au pouvoir et les divers nationalisme ne sont peut être pas la conséquence de la crise financière de 29, mais ils sont nés d’une crise. Le Pen s’est toujours réjouit des périodes de crise : elles sont "le fumier sur lequel il pousse". Bref, tout ça pour dire qu’il n’y a pas besoin d’être fin analyste pour se dire que les guerres trouvent toute leur origine dans une crise. Du coup, s’il y a complot, cela voudrait dire qu’on cherche a provoquer une crise pour provoquer une guerre. Et je ne peux pas penser une seule seconde qu’une banque soit prête à mettre la clef sous la porte pour espérer une guerre. Ca n’a aucun sens. Maintenant, que certains souhaitent une guerre pour sortir d’une crise non voulue, pourquoi pas.
Attila - 19 mars 2008, 21:14

Regarde la vidéo au lieu de parler dans le vent :)

Ce qui est simplement dit, c’est que la guerre aurait facilement pu être évitée, mais qu’au contraire les financiers et industriels l’ont laissé venir et ont organisé au mieux la reddition et la collaboration de la France. Je suis d’accord, c’est douteux, mais on a jamais parlé de banquiers qui déclenchent la crise de 29.

jojo - 20 mars 2008, 01:47

(Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)