mouton rebelle

theme du moment : distance

Quels mots utiliser pour décrire Maus ? Difficiles à trouver mais pourtant si nombreux. C’est beau, c’est émouvant, c’est drôle parfois, triste souvent, cruel, douloureux, admirable, personnel et encore les mots me manquent. La lecture a été difficile. Difficile de ne pas pleurer à chaque page, difficile de voir l’horreur racontée avec tant de simplicitée par un père qui a toujours voulu oublier et qui finalement n’est jamais sorti d’Auschwitz. Difficile de voir un fils tenter de comprendre l’incompréhensible, la douleur, l’inhumanité. Difficile de voir des dessins parfois simplistes, un décor toujours minimaliste et pourtant des détails si criants d’atrocité.

Le premier volume raconte Vladeck Spiegelman, des prémisses de la guerre jusqu’à son entrée à Auschwitz fin 44. Du bonheur simple d’une vie aisée en Pologne jusqu’aux Ghuettos, aux rationnements, aux rumeurs des gazages et des fours et l’arrivée par le train, à moitié mort.

Le deuxième volet raconte l’éternité que peut représenter quelques mois à ne vivre qu’en attendant l’appel vers ces douches d’où la fumée et l’odeur de graisse brulée qui s’échappaient ne laissait plus place au doute. De cet instinct de survie qui fait que les journées de Vladeck n’avaient qu’un seul but : repousser l’inévitable mort qui l’emporterait. De la difficulté à se sentir humain même une fois la guerre finie, de ne pas garder des instincts de survie insensées même 40 ans après avoir dit adieu à l’Europe.

Art Spiegelman a réussi à donner un sens à l’inexplicable, a mettre à l’écrit une histoire orale, entrecoupée de scénettes de la vie de tous les jours, pour relacher la tension, dans ces moments là on se surprend à ricaner, mais c’est nerveux. Les représentations métaphoriques des souris (juifs) / chats (allemands) donne un aspect naif au premier abord qu’on se prend en pleine gueule dés la deuxième page. Il a aussi réussi à expliquer pourquoi cette génération a eu tant de difficultés à en parler, et pourquoi nous ne pourrons jamais comprendre. C’est aussi un témoignage de plus pour nous permettre de ne pas oublier.

J’ai mis 5 ans à découvrir Maus et 5 ans à avoir le courage de l’affronter. C’est une lecture douloureuse mais une lecture nécessaire.


Maus

ça m’a l’air fort intéressant. en tous cas c’est bien vendu :)
jojo - 27 décembre 2004, 18:10
ça fait un moment que je crosie ce bouquin en librairie, que j’en entend bcp de bien. mais je franchie pas le pas.
Un jour peut-être mais les sujets comme ça faut avoir envie de s’y confronter même si on sait que la qualité est au rendez-vous.
Fa - 27 décembre 2004, 20:54

Jojo tu me troues le cul. Fab aussi. C’est vieux et culte comme "BD". Même si c’est pas marrant et même si y a pas de couleur, l’histoire étant vrai et plutot horrible, on arrive pas à lever la tête ne serait-ce pour allez faire pipi. Après y a du pipi a coté. Merci art spielgelman.

Je me suis fait acheter son deuxième et dernier album : a l’ombre des tours mortes. Ca traite de l’après 11 septembre. C’est tout a fait autre chose et pas du tout le même style, et c’est vachement bien aussi.

attila - 28 décembre 2004, 08:43
ouais c vieux et culte (genre pulitzer 94 un truc comme ça), mais jamais eu l’occasion de le lire et quelque part jamais voulu franchir le pas.
donc comme chantait Ophelie ....
fab - 28 décembre 2004, 09:12
Prix Pulitzer 1992 pour être exact. Je l’avais vu chez glénat y a quelques années, puis je l’ai acheté sur un coup de tête et lu en 2 jours cette année. Rien d’autre à ajouter, did a écrit un merveilleux post. A LIRE !!!!
francky - 28 décembre 2004, 21:29
L’histoire est horrible mais tellement prenante que ça se lit relativement facilement, si on arrive à passer outre les graphismes volontairement simples et dépouillés. ça met une claque.
MonkeyPox - 23 mai 2005, 23:54

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