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Je ne savais pas trop comment structurer mon argumentation, et en me baladant sur le site de la SACEM, je suis tombé sur Le droit d’auteur face à Internet, le livre blanc publié par la CSDEM, le SNAC et l’UNAC.
Comme d’habitude, ils essaient de nous tirer une larme, en alternant un ton didactique / alarmiste... un texte à côté de la plaque, que je vais essayer de critiquer dans le calme et la bonne humeur. En espérant que ça ne viole aucune loi sur les copyrights...


IDÉE FAUSSE N°1 : LE DROIT D’AUTEUR SERAIT INCAPABLE DE S’ADAPTER À LA RÉVOLUTION TECHNOLOGIQUE D’INTERNET...
C’est là un vieux refrain usé. Au début des années 1890, à l’avènement des premiers disques (les fameux cylindres), on avait dit strictement la même chose et il fallut une longue bataille de 15 ans pour que les auteurs, les compositeurs et les éditeurs touchent enfin leur juste rémunération sur l’utilisation des oeuvres dans les enregistrements (...)

La grande différence avec les vinyles, les cassettes ou les cds, vous ne la voyez pas ? Plus du support ! Pas de jolie pochette, pas de booklet avec les paroles, pas de vidéos en bonus... Vous croyez qu’un consommateur est capable de payer 10 euros pour un album “virtuel”, alors que pour 15 euros il a un CD bien réel, qu’il peut prêter, déplacer, et qu’il ne risque pas de perdre lors de son prochain formatage ?

IDÉE FAUSSE N°2 : CHACUN ÉTANT LIBRE D’ACCÉDER À LA CULTURE, LE DROIT D’AUTEUR SERAIT RINGARD, DÉPASSÉ, RÉACTIONNAIRE...
C’est fou ce que les bonnes âmes sont généreuses avec le salaire des autres. Chacun est libre de se nourrir mais ce n’est pas pour autant que les boulangers donnent leur pain. Il faut donc le répéter inlassablement : le droit d’auteur est la seule rémunération, la seule source de revenus des auteurs, des compositeurs et des éditeurs.

Et les concerts ? Je croyais que c’était là que les artistes gagnaient plus de sous, et non pas sur les CDs (entre 1 et 2 euros par album). Ceux qui craignent pour leur royalties ce ne sont pas les petits artistes, mais plutôt les poids lourds... et leurs revenus ne sont pas comparables à ceux du boulanger du coin. A ce sujet je vous recommande cet excellent article de Janis Ian, qui donne son point de vue de petite artiste, justement.

IDÉE FAUSSE N°3 LE P2P NE CAUSERAIT PAS DE PRÉJUDICE AUX AUTEURS...
En France, 7 à 8 millions d’adeptes du P2P téléchargent de la musique gratuitement (Télérama 20/10/04) et 16 millions de fichiers musicaux circulent ainsi chaque jour (Le Monde 06/05/04)... De nombreuses études confirment l’ampleur du phénomène et son accélération. Le résultat ne s’est pas fait attendre : au cours de l’année 2004, les droits d’auteur encaissés par la Société de gestion du Droit de Reproduction Mécanique (SDRM) au titre du secteur phonographique ont chuté de près de 25% ! On constate donc une très forte corrélation entre le développement des échanges de fichiers musicaux, favorisé par les abonnements haut débit, et une baisse brutale des ventes de disques.

Depuis deux ans je consomme de l’huile d’olive, et j’ai perdu 3 kilos. On constate donc que l’huile d’olive fait maigrir ?
Plus sérieusement, est ce qu’il n’y aurait pas des causes extérieures à cette baisse des ventes ? :

L’impact du P2P [1] sur les ventes de CD n’est sûrement pas nul, mais il n’est certainement pas aussi important qu’on veut nous le faire croire. L’internaute qui télécharge 10 albums par mois n’achèterais probablement pas 10 albums par mois si le P2P n’existait pas

IDÉE FAUSSE N°4 : LE P2P FAVORISERAIT L’ACCÈS À UNE OFFRE MUSICALE PLUS DIVERSIFIÉE...
Le P2P est un système étonnant, potentiellement riche en véritables échanges, mais, en dehors du cadre juridique existant, il ne peut qu’appauvrir le patrimoine artistique dont il se nourrit et dont, à terme, il tarira la source. Qui investira demain dans la production phonographique si le système de financement du secteur s’effondre, si aucune rentabilité n’est possible sur le « en-ligne » ?

Il y a un fossé entre la rentabilité et le morceau à 1 euro. Je développe un peu plus bas à ce sujet.

IDÉE FAUSSE N°5 : LE P2P FAVORISERAIT L’ÉMERGENCE DES NOUVEAUX TALENTS...
Ce n’est pas parce que la musique peut être écoutée en ligne que les artistes-interprètes ont, aujourd’hui, la possibilité d’évoluer indépendamment de la filière musicale pour se faire connaître du public. À ce jour, combien d’entre eux se sont imposés au travers d’Internet ? S’agissant des artistes-auteurs, ils ne peuvent pas se substituer aux éditeurs pour investir sur leurs oeuvres, ni aux producteurs pour financer les enregistrements, ni aux média pour en assurer la diffusion. En réalité, plus il y a profusion d’offres, plus le marketing et la promotion - quand ils sont conjugués au talent - font la différence.

Celà fait des années que l’industrie du disque limite les risques au maximum, et je ne crois pas du tout en elle pour promouvoir de nouveaux talents (regardez les playlists des grandes radios pour vous en convaincre).
L’avenir ? C’est des albums auto-produits dans des petits studios (un pc équipé pour faire du montage audio est abordable actuellement, ce qui n’était pas le cas il y a 10 ans), dont la promotion se fera par podcasting, par l’intermédiaire des blogs, etc...
Et les gens qui apprécient commanderont les cds (moins cher qu’actuellement, c’est à souhaiter, et avec une part plus substantielle dans la poche de l’artiste que l’on aime), et iront aux concerts. Je ne dis pas que ça se fera du jour au lendemain, les majors vont mettre du temps à s’adapter, mais ça viendra.

IDÉE FAUSSE N°6 : LA MUSIQUE SERAIT TROP CHÈRE...
Comparée au « tout gratuit », la musique payante paraît nécessairement chère. Pour autant, cette cherté est un leurre manipulé par ceux à qui la gratuité profite. Entre 1970 et 2003, le prix du disque a été divisé par trois en monnaie constante (du même coup, la rémunération des auteurs, calculée proportionnellement, s’en trouve très sensiblement diminuée) et ce, contrairement au prix d’une place de cinéma qui, dans le même temps, a été multiplié par 1,4. À titre indicatif, signalons que le téléchargement d’une sonnerie téléphonique coûte au minimum 1,50 € et que 4 cigarettes de tabac blond sont vendues environ un euro. Les plates-formes de musique payantes (e-compil, Virgin.com, Fnac music, i-tunes music store et Sony connect) offrent des catalogues comprenant entre 100.000 et 700.000 titres, au prix moyen de 0,99 € le titre. Sur ce prix public seuls 8 %, avec un minimum de 0,07 € sont consacrés à la rémunération des créateurs et de leurs éditeurs. Quel « produit » proposé à un prix équivalent, pourra être conservé et réutilisé indéfiniment, avec le même plaisir, voire avec la même émotion ?

Il y a au moins un point positif dans ce texte, c’est sa transparence. Avouer une répartition aussi inéquitable, je trouve ça courageux. On va partir sur 10 cents qui vont aux éditeurs et aux auteurs, et en étant optimistes, on va dire que la répartition est de 3 cents pour l’auteur et 7 pour l’éditeur. Un petit calcul rapide indique que pour que l’auteur touche le SMIC, il lui faut vendre pas loin de 30 000 morceaux par mois... Alors que le seul coût pour les plateformes de téléchargement (une fois la structure amortie) c’est la bande passante, on aurait pu espérer une répartition plus équitable. Encore une fois c’est un système qui ne bénéficie qu’aux gros.

La sonnerie de téléphone tire sa valeur de la personnalisation qu’elle apporte (Kevin peut exprimer son côté romantique avec sa sonnerie « Femme Like You » et ça, ça n’a pas de prix), quand au rapport avec la cigarette, franchement...

Enfin pour la dernière envolée lyrique de ce paragraphe, j’ai de gros doutes sur le plaisir que l’on peut avoir à écouter des morceaux protégés :

IDÉE FAUSSE N°7 : LE TÉLÉCHARGEMENT D’UNE OEUVRE À PARTIR DES RÉSEAUX PEER-TO-PEER SERAIT UN ACTE DE COPIE PRIVÉE LICITE...
L’exception de copie privée, prévue à l’article L. 122-5 du Code de la propriété intellectuelle, autorise toute personne à effectuer la copie d’une oeuvre protégée pour son usage strictement privé. Or, la philosophie des réseaux P2P est justement le partage entre utilisateurs des ressources de leurs disques durs. La plupart des logiciels de P2P imposent, souvent à l’insu de celui qui télécharge, la mise à disposition immédiate des oeuvres téléchargées qui ne sont donc pas destinées à un usage privé. (...)

Effectivement, en l’état actuel des choses partager de la musique est illégal, par contre pour le téléchargement rien n’a été tranché ; en gros en ne partageant rien on reste dans la légalité mais on tue le réseau, cruel dilemme.
C’est tout de même rigolo de ressortir l’argument de la copie privée, sur laquelle les majors s’assoient régulièrement ; ils ont réussi à rendre légal la mise en place de dispositifs empêchant la copie, mais continuent de percevoir une taxe pour ce droit à la copie privée...

IDÉE FAUSSE N°8 : LES INTERNAUTES POURSUIVIS POUR PIRATAGE SERAIENT DES « BOUCS ÉMISSAIRES »...
Les quelques internautes qui font l’objet de poursuites judiciaires ne sont pas des « boucs émissaires », mais bien des contrevenants qui ont illicitement téléchargé et mis à disposition de millions de personnes des milliers de fichiers, créant ainsi un énorme préjudice aux ayants droit. Le piratage (peut-être devrait-on dire pillage !) n’est rien d’autre qu’un vol, même si ceux qui l’accomplissent n’en ont pas toujours conscience, mais cela ne change rien à la réalité de l’acte et au préjudice qu’en subissent les victimes. Le Code de la propriété intellectuelle prévoit des peines maximales pouvant aller jusqu’à 300.000 € d’amende et 3 ans de prison. Mais, à ce jour, les tribunaux n’ont condamné personne à ces peines. La répression ne constitue pas une fin en soi. Ce qui importe, c’est de sensibiliser les internautes à la réalité des créateurs qui ne vivent que de leurs droits d’auteur.
IDÉE FAUSSE N°9 LES INTERNAUTES SERAIENT VICTIMES DU TOUT RÉPRESSIF...
Les procédures pénales et civiles engagées contre quelques internautes ne représentent qu’un volet de l’ensemble des mesures mises en place pour le développement d’une offre légale de musique en ligne, le respect de la propriété intellectuelle et la lutte contre la piraterie numérique (Charte signée le 28 juillet 2004 sous l’égide des pouvoirs publics entre producteurs phonographiques, éditeurs de musique, représentants des auteurs, fournisseurs d’accès...). Des actions pédagogiques et de sensibilisation ont été largement entreprises, notamment dans les média (campagnes d’affichage, débats télévisés, chats, forums, site Internet Promusic...) et les établissements d’enseignement. En parallèle, l’offre de titres disponibles sur les plates-formes de téléchargement légales a été considérablement enrichie. Elle est proposée à des prix attractifs grâce, en particulier, aux efforts consentis par les titulaires de droits d’auteur. Pour les ayants droit, les actions judiciaires ne constituent donc qu’un dernier recours.

Méthodes pour sensibiliser l’internaute ?


Je crois que le temps n’est plus à la sensibilisation, arrêtez le carnage ; les internautes ont compris le message, ce qu’il manque c’est une vraie offre légale :

En effet le P2P actuellement est loin d’être une solution parfaite :

Les majors ont les moyens pour proposer un outil qui réponde à tout ces problèmes, elles auraient du le comprendre depuis quelques années déjà.
Si on me laisse le choix entre télécharger gratuitement un album en quelques heures pour ensuite pouvoir en faire ce que j’en veux, et l’acheter sur une plateforme légale, devoir le lire sur Windows Media Player, donner 40 cents à l’artiste et 9€60 à une grosse structure qui dépense 80% de son budget dans la promotion de la starac’ et les ré-éditions de compils de Johnny, je suis désolé mais je fonce vers la solution illégale.
Par contre si on me propose de télécharger l’album en 2 minutes, avec l’assurance qu’il soit complet, de bonne qualité, que j’ai la même latitude d’utilisation qu’avec mes MP3 habituels ( = non protégés) et que le prix est raisonnable (du genre 2 euros, dont 1 pour l’artiste), je réfléchirais à deux fois.


Le reste du document s’attache à démontrer l’impossibilité de la licence légale [3], là encore avec des arguments approximatifs et de mauvaise foi :

Je ne sais pas si la licence légale est la solution miracle, mais leurs arguments contre me semblent bien légers...


Pour conclure j’en ai plus que marre de la polémique sur le “piratage” et sur la vision qu’essaie d’imposer l’industrie du disque. Je pense que c’est un combat important, et qu’il faut faire en sorte que les choses bougent dans le bon sens, le foutage de gueule étant de plus en plus flagrant et déprimant... Essayez d’en parler autour de vous, informez, débatez, faites attention à où vous achetez, à quel label vous achetez, encouragez les petits artistes, “piratez” les gros. Restez informé, aussi.
Et fuyez les plateformes de téléchargement légales, dans tous les cas !


vive les concerts, vive la fête, le reste c’est pfffuuutttt
west - 12 juillet 2005, 20:20
On la connait cette belette ?
didoune - 12 juillet 2005, 21:19

Free Bertrand !!! ha non c’est pas le bon sujet.

@Jojo : juste une remarque concernant iTunes. Lui aussi intégre des DRM. Et ne t’oblige t’il pas à utiliser un Ipod ?

Enfin tout ce débat c’est jamais que les derniers sursaut d’un intermédiaire qui n’a plus de raison d’être et qui tente de survivre.

grima is so much alone - 13 juillet 2005, 00:25
je parle d’itunes en bien uniquement pour l’ergonomie du truc, sinon c’est la même daube...
jojo - 13 juillet 2005, 00:47
Un petit site qui fait avancer un peu les choses, site de vente en ligne de label independant. cd1d On y retrouve en autres les orgres de barback :)
Targos - 13 juillet 2005, 02:28

Bravo Jojo ! Mais tu sais que tu risques gros avec un tel article, bientot, tu tomberas dans l’illegalite :)

Sinon, comme le dit Jojo, l’offre legale, elle avantage toujours les memes et impossible de trouver les perles rares et c’est pour ca que le P2P est bien, il permet de trouver des vieux trucs qu’on ne trouve ni en CD (meme sur fnac.com, epuise qu’ils disent), ni en offre legale.

axolotl - 13 juillet 2005, 09:01
Il est toujours possible d’aller faire un tour du coté d’allofmp3 qui ne fait que du telechargement legal, qui est tt à fait en regle, en essai gratuit, et à des prix plus qu’honete... Voilà ma BA de la journée pour les pays de l’est...
Anck Eone - 13 juillet 2005, 15:51

Il n’y a aucune garantie pour les utilisateurs non russes que les téléchargement soient en règle... tu as lu un avis officiel de la SACEM ou autre qui confirme la légalité en france ?

parce que ce site est super intéressant niveau prix, j’avais déjà vu ça il y a quelque temps, mais niveau légal c’est boiteux.

jojo - 13 juillet 2005, 16:04
Reste la possibilité de changer de nationalité...
Sylve... - 4 août 2005, 16:23
ou d’utiliser directement le P2P, au moins, on est sur que c’est illegal mais on ne paie pas...
axolotl (mais je devrais pas mettre mon pseudo, c illegal ce que j’ai dit) - 4 août 2005, 16:53

Vous en avez sûrement « Marre de » de quelque chose… Vous avez quelque chose à exprimer… Un seul site… « Marre-de.com »

A l’initiative de l’artiste M.E.T.C.U.C., Le site « Marre-de.com », http://www.marre-de.com, a été lancé depuis quelques jours. Le premier site d’expression libre sur des performances photographiques d’artistes ou de non artistes. Faîtes comme l’artiste M.E.T.C.U.C. et les actrices X dont Oksana, La Cicciolina, Nomie, Estelle Desanges, Cynthia, Nina Roberts, dès à présent exprimer votre « marre de » en ligne sur http://www.marre-de.com .

Vous pourrez aussi d’ici quelques jours voter pour votre « Marre De » préféré mais vous pouvez dès maintenant commenter un « marre de », le transférer à un ami ou le mettre sur votre site ou blog Internet.

Inscription sur site entièrement gratuite.

Pour tous renseignements, contact presse mail : contact@marre-de.com ou téléphone 06.30.27.51.59

Marre De http://www.marre-de.com Par M.E.T.C.U.C

Marre de - 15 novembre 2006, 18:15

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