Ce reportage a fait scandale et débat lors de sa diffusion sur une chaine de télé britannique ; il développe son argumentation sur plusieurs axes très bien amenés :
- le CO2 est une partie infime des gaz à effets de serre, et l’homme n’est responsable que pour une infime partie de cette partie infime (les vrais responsables sont les vaches, les volcans, les feuilles mortes et les océans... brrr)
- la corrélation entre CO2 et réchauffement climatique n’est pas prouvée ; en fait c’est même l’inverse, quand il fait chaud les océans capturent moins de CO2, cqfd.
- les climatologues sont des cons, en 1970 ils nous annonçaient une nouvelle ère glacière pour le plus grand bonheur des médias, les modèles de prévisions sont foireux et sans cesse bidouillés
- historiquement la terre a déjà connu de grosses variations de température, on a fait du patin à glace sur la tamise et il y a eu des vignobles à Londres, les vikings vivaient sur une terre fertile qui n’est que froid désormais. Et les ours polaires et la calotte glacière sont toujours là !
- le mouvement écolo a décollé après la chute du mur de Berlin, les activistes communistes se cherchant une nouvelle cause, et le succès de la thèse du réchauffement climatique est en grande partie du à l’anti-américanisme et à l’anti-capitalisme.
- en fait c’est tout bête, c’est juste le soleil qui suivant son activité induit des fluctuations de température. C’est vrai, t’as vu comme il est gros le soleil, qu’est ce qu’on est présomptueux nous les hommes de penser influer sur le climat !
- si on continue comme ça, les pauvres africains, privés de se développer rapidement grâce aux énergies fossiles, vont rester sans électricité pendant quelques décennies encore...
Le film emprunte beaucoup à "Loose Change" et à "An Unconveniant Truth" ; musique qui fait peur, graphiques animés parce que les chiffres c’est sérieux, pour le film d’Al Gore ; et interview de "sommité scientifiques" savamment montées, extrait de reportages, voix off qui fait appel à votre bon sens, et erreurs à répétition pour le film sur le 11 septembre. Le résultat est un reportage plaisant à regarder, intéressant, et qui arrive à semer le doute, si on ne prend pas le temps de prendre un peu de distance, et de voir les débats qui on suivit. Car bien sûr toutes les données scientifiques sont plus ou moins bidonnées....
Le site d’Arrêt sur Image, que je vous recommande une fois de plus, s’est empressé de faire un parallèle avec Loose Change, et sur la forme la ressemblance est évidente.
Or j’ai adoré Loose Change, et je crois totalement à la thèse du complot. Je sais, c’est pas original, même Marion Cotillard y croit, mais on me fera jamais avaler que 19 intégristes armés de cutters et ayant appris à piloter sur Flight Simulator ont réussi à pirater quatre avions, le jour même où l’armée de l’air faisait le plus grand nombre d’exercices de son histoire, de les crasher, d’en faire disparaitre deux sans qu’on ait la moindre image ni le moindre débris, et de malencontreusement laisser tomber un passeport intact au pied des tours en cendres.
Et là, là tu demandes où je veux en venir. En fait je me suis posé deux questions. Et je vais y répondre de suite, mais en vrai j’ai réfléchis un peu avant.
Pourquoi suis je prêt à croire d’office un reportage qui me dit que le gouvernement US a laissé tuer / commandité le meurtre de 3000 personnes, alors que je refuse d’avaler l’idée que notre mode de vie actuel n’a probablement pas d’impact sur le climat et que la thèse du réchauffement climatique est avant tout une opération marketing ?
- Je suis un sale gaucho anti-capitaliste tendance écolo. Je pense qu’à l’inverse une pourriture capitaliste sera plus sensible aux arguments de "The Great Global Warming Swindle".
- La possibilité de prouver le contraire. Concernant le 11 septembre, les vidéos saisies au Pentagone pourraient lever une bonne partie des doutes, elles n’ont pourtant toujours pas été révélées... La possibilité de démonter les thèses du complot existent, mais elles ne sont pas utilisées, donc il y a complot. En revanche, pour le réchauffement climatique, impossible de savoir actuellement si la communauté scientifique se trompe ou non. J’avais vu une petite vidéo que je ne retrouve plus, où un étudiant s’amusait à faire un tableau des conséquences possibles du réchauffement climatique, suivant si les scientifiques qui tirent la sonnette d’alarme avait raison ou tord, et suivant si l’humanité faisait les changements qui s’imposent ou non. Si on ne fait rien, on a une chance sur deux de perdre, si on agit on gagne à tous les coups, le choix est simple.
Pourquoi les médias traditionnels (et en l’occurrence @si, pas si traditionnel que ça) sont ils si prompt à s’attaquer à ces reportages, alors que d’autres empruntent des méthodes similaires tout en recueillant moult acclamations et prix (Al Gore, ou encore Michael Moore...) ?
Là j’ai pas vraiment de réponse... La pensée unique, peut être. Je trouve que les deux reportages mériteraient un vrai traitement dans les médias traditionnels, avec un travail de journaliste qui essaie de répondre aux questions posées, sans juste s’acharner sur la forme.
Pour en revenir à "The Great Global Warming Swindle", malgré toutes les critiques qu’on peut lui faire et l’intention puante qui est derrière, je trouve qu’il soulève de bonnes questions. Le réchauffement climatique, qu’il soit réel ou fantasmé, est devenu un outil marketing puissant. Avec ou sans lui, les énergies fossiles sont en train de disparaitre et coutent de plus en plus cher. La transition, inévitable, sera douloureuse, mais probablement que si nous sommes tous convaincus de faire des sacrifices pour la bonne cause, et que si nous privons autant que possible les pays émergent de ces ressources "pour éviter qu’ils reproduisent nos erreurs", alors la pilule passera mieux...
Les liens :
- The Great Global Warming Swindle en vost
- Un point simple et sans appel sur les données "scientifiques" du reportage (en anglais)
- Loose change en français, pour ceux qui l’auraient raté
- L’article d’@si pour les (futurs) abonnés.
Je suis tout à fait d’accord sur la nécessité de changer notre mode de vie, mais c’est encore assez loin de l’idéologie dominante, qui est plus dans l’optique de conserver le système actuel, mais en faisant des efforts sur les émissions de CO2. Ce qui est déjà bien, on est d’accord. Après la question qui se pose c’est est ce qu’on ne résout pas un problème en en créant un autre (par exemple faible rendement du solaire et impossibilité de recycler les panneaux, ou les bio-carburants et la famine).
Dans cette optique je ne trouve pas très surprenant que le gouvernement US aie fini par plier, et je pense que même l’ancienne garde n’a pas grand chose à perdre : le pétrole est un buisness en fin de vie, qui va de toutes façons leur offrir encore des caisses de pognon vu que la spéculation va se faire de plus en plus sauvage ; préparer le changement des mentalités et s’assurer un marché pour des énergies "propres" me semble aller aussi dans leur intérêt.
Le solaire c’est bien. Peut être qu’on ne peut pas recycler les panneaux, mais ceux ci ont une durée de vie de plus de 10 ans et dans 10 ans qui peut dire s’ils ne seront toujours pas recyclables. Nous devons trouver des solutions rapides et même si elles ne sont pas idéales elles sont nécessaires. Le solaire et l’éolien sont ce qui se fait de mieux en terme d’énergies alternatives, si on les range au placard parce que ca fait du bruit et parce que le silicium ne se recycle pas, alors on ferme la porte à la recherche en générale sur ce genre de produit. Je pense que l’idée de décroissance est une idée dangereuse et obscurantiste. Sous couvert de vouloir lutter contre une hyper-consommation, c’est la civilisation que la décroissance mettrait en danger. La décroissance ne peut pas être spécifique à un comportement, elle est générale. Moins d’énergie, moins de consommation, moins d’industrie, moins d’agriculture et pour finir moins d’humains. Le moins d’humains signifie une lutte pour la survie, ce qui signifie un renoncement a une quelconque forme de civilisation.
Pourtant il y aura bien une baisse de la consommation. On se sert toujours la ceinture dans les périodes difficiles, mais le but est d’avancer et de construire. On devient toujours plus raisonnable quand on marche sur le fil du rasoir et on gaspille toujours quand on a plus qu’il ne faut. Nous sommes a une periode charnière : nous pouvons decider au prix d’un gros effort d’être raisonnable un temps et de trouver des solutions, ou de rebasculer vers l’age de pierre.
Quand a l’ancienne garde qui s’est fait des milliards grace au pétrole ce n’est pas avec du solaire ou de l’éolien qu’elle retrouvera son compte. Le soleil et le vent sont des énergies illimités (a notre échelle d’humains) et par conséquent ne peuvent pas rivaliser financièrement avec la rareté d’un produit limité. Le prochain combat des future-ex-pétroliers sera l’uranium. Si nous voulons éviter ça achetons des vélos et mettons des panneaux solaires.
Ca faisait longtemps que j’étais pas passé, ça a encore vachement changé...
très bon article jojo, par contre la fin des énergies fossiles n’est pas due au réchauffement climatique ; c’est juste que l’usage de ces énergies dégage du CO2
merci monsieur fredbird, content de vous voir passer par là :)
" par contre la fin des énergies fossiles n’est pas due au réchauffement climatique ; c’est juste que l’usage de ces énergies dégage du CO2 "
J’ai jamais dit (voulu dire) ça ; simplement je crois que les premiers scientifiques ont tiré la sonnette d’alarme sur le sujet il y a une trentaine d’années, et c’est juste maintenant que ça devient un enjeu qui fait plus ou moins l’unanimité ; justement quand le prix du baril explose à cause d’une consommation croissante et qu’on sait que d’ici une vingtaine d’années les stocks seront épuisés.
Je pense qu’il n’y a plus vraiment d’enjeu économique : le temps que le changement se fasse les stocks seront épuisés, les compagnies pétrolières auront encore engrangé un max en spéculation et auront eu le temps de se reconvertir. Ils ont réussis à retarder suffisamment la chose pour que ce ne soit plus vraiment un problème...
Hop en me relisant j’ai envie d’en rajouter une couche :
Qu’il y ait ou non la menace du réchauffement climatique, il faudrait quand même se passer du pétrole, et je pense que c’est pour ça que le sujet est aussi consensuel en ce moment.
Mmm oui comme ça d’accord.
Sauf que les solutions de remplacement vers lesquelles on se dirige ont de sérieux effets de bord ; notamment les agricarburants qui vont faire flamber le prix de cereales et provoquer des famines.
Donc pas si consensuel que ça hélas...
