Livre ayant un sujet considéré comme soporifiques par une grande partie de la population, je me suis vaillamment attelé à la lecture de ce bouquin d’économie qui constate l’inefficacité de l’aide au développement menée actuellement.
Présentons tout d’abord l’auteur. Joseph E. Stiglitz, prix nobel d’économie, ancien conseiller de Clinton, ancien directeur de la banque mondiale.
Primo, prix nobel d’éco normalement ça devrait forcer le respect mais souvent ce prix à tendance à récompenser un peu n’importe qui avec des idées parfois farfelues et des idées ne marchant qu’au pays des rêves (trés libérales la plupart du temps).
Secundo, il connait un amateur de cigare, non pas castro l’autre.
Tertio, c’est un ex-dirigeant de la banque mondiale, institution qui est chargée du développement à l’échelle mondiale avec le concours du FMI. Du coup il sait de quoi il parle.
Puis c’est un barbu, ça lui donne l’air sympa au gars.
Bon en tant que ex-conseiller d’un président américain le gars ne vas pas fustiger la conception de base américaine, c’est à dire la croyance dans l’économie de marché (qui est d’ailleurs présente partout dans ce bas monde depuis quelques siècles). Mais loin d’en faire les louanges, il essaye de nous faire comprendre pourquoi l’aide aux pays en développement foire lamentablement.

On le devine à travers le bouquin, Stiglitz croit au marché mais pas du tout à la conception de "marché pur et parfait" à la Adam Smith (genre le marché s’autorégule avec une main invisible, la notion de dieu n’était surement pas loin). Il a plutôt une approche "keynesienne" de la chose. Il croit en la participation de l’état pour la régulation des marchés et établit que le coté social ne peut être dissocié de l’économie pour être efficace à long terme.
Pour faire court parce qu’il y a beaucoup de choses intéressantes dans ce bouquin, celui-ci descend largement le FMI qui est en gros au main des financiers internationaux ou du moins cherche à appliquer des théories libérales de développement incompatibles avec la réalité actuelle (la recherche d’un faible taux d’inflation et plein de truc un peu technique mais qui sont parfois des solutions pire que le mal) .
Il agrémente son discours de l’exemple des dernières crises économiques internationales (brésilienne, asiatiques, et explique la difficulté du développement russe). On y apprend bien des choses obscures sur certaines institutions qui ne rendent finalement que trés peu de compte au population mais pas mal aux dirigeants des nations riches.
N’apportant pas beaucoup de solutions à part beaucoup de pragmatisme pour éviter de jeter en pâture l’économie d’un pays en développement (il ne prône pas pour autant le rétablissement des droits de douane), il établit un constat intéressant sur la mondialisation et les choses qu’il faudrait changer pour au moins amorcer un développement durable et moins égoïste.
PS : je le reconnais certains passages peuvent convenir à ceux qui ont des difficultés à trouver le sommeil notamment si on ne connait pas trop les mécanismes économiques, mais la valeur globale du bouquin reste trés intéressante à tout curieux désireux de savoir comment fonctionnent les mécanismes mondiaux et surtout l’aide au développement.
