si moi je suis barge, ce n’est que de tes yeux car ils ont l’avantage d’être deux

Renaud

mouton.rebelle

Heroes are dead...

« La vie, le malheur, l’isolement, l’abandon, la pauvreté, sont des champs de bataille qui ont leurs héros ; héros obscurs plus grands parfois que les héros illustres » a dit Victor Hugo. Et rien n’est plus vrai que cette citation…

Il n’y a plus de héros. Dieu est mort et les héros avec, et à la place, les hommes ont trouvé la lutte au quotidien pour vivre dans un monde où la tentation de n’être rien est si forte.

Rien n’est plus facile que de se laisser porter par un relatif confort, accepter le quotidien, se résigner à être dans le médiocre. La culture de masse, la consommation comme foi, ne nous poussent pas à devenir meilleur. On attend, quoi ? on n’en sait rien mais on attend. Que les jours passent du mieux possible, que les années s’écoulent avec leurs lots de joies et de peines…Nous sommes des obscurs, des sans-grades mais vivre aujourd’hui ne nous en demande pas plus finalement !

En marge de cela, il y a ceux qui souffrent au quotidien, dont la vie est un éternel combat, pour manger, pour survivre, pour guérir. Des héros véritables, qui se battent pour exister. Haaa ! pas de grandes batailles, de hauts faits qui vaillent une chanson de geste…Des petites luttes en milieu hostile, quand le glaive est remplacé par la parole, seule arme que l’homme possède de nos jours pour se battre contre la bureaucratie, l’hypocrisie, la pensée unique.

La parole peut épuiser et ne donne pas toujours des résultats probants mais seul, on ne peut manifester, on a bien peu de pouvoir…Il est des combats si solitaires. Celui d’une Chantal Sébire qui après avoir lutté contre la maladie, a dû lutter pour avoir le droit de ne plus souffrir, de partir quand elle le voulait. Sa parole a été vaine et honteusement déformée par Christine Boutin qui a osé comparer le désir de mourir de cette femme à un vulgaire complexe sur son physique atrophié.

Il faut être un héros pour oser lutter contre tant de connerie, comme le chômeur doit parfois se battre pour garder sa dignité et ne pas être pris pour un profiteur, un fainéant ; comme le SDF doit réussir à survivre dans l’indifférence de tous…

Qu’avons-nous besoin finalement de super héros quand il y a autour de nous tant de gens pour qui vivre est héroïque ?

Comment ne pas avoir honte dès lors de nous contenter d’un bonheur à la petite semaine quand la destinée humaine devrait signifier se battre, bouger, faire de sa vie une victoire, vouloir un vrai bonheur, une existence à vraie hauteur, à hauteur d’homme…

Refus du compromis, de la médiocrité, de l’ignorance, de la passivité. Soyons de petits héros pour pouvoir nous regarder avec fierté dans une glace, être des modèles pour ceux qui nous entourent…

par Anna Coluthe le 31/03 à 11h02

Je suis assez d’accord avec ta conclusion : il faut agir à son niveau, même si ça semble futile, au moins pour sa propre conscience. Encore que chacun fixe sa conscience où il le souhaite, si des gens sont heureux avec une vie qui te / me semble médiocre qui sommes nous pour juger ?

En revanche ton analyse du départ me laisse plus dubitative. il faudrait peut être définir clairement le terme "héros", mais on est dans une société de plus en plus individualiste, où on cherche à s’afficher, à se montrer, et où tout le monde peut se retrouver héros d’un jour en se filmant avec un sabre laser devant sa webcam ou en chantant faux sur M6 (cf l’article de Mina). Je pense pas qu’il y ait moins d’héros maintenant qu’avant, au contraire peut être.

jojo - 31 mars 2008, 11:38

C’est joli ce que t’écris mais comment expliquer cela à des personnes qui n’en ont rien à foutre ? Qui regardent leur vie passer, jour après jour, et qui attendent la prochaine fête pour se saoûler et être incapable de disserter sur leur existence sans but ? Le même genre de personnes à qui tu demandes comment a été leur journée, et qui te répondent, "bah, la routine quoi", avec un petit sourire triste qui, s’ils se donnaient de l’explorer, leur donnerait la force de faire la révolution dans leur vie quotidienne.

Donc ouais, comment expliquer cela à des gens qui vivent sur du superficiel ? Qui vivent superficiellement même j’ai l’impression.

Je crois que c’est notre individualisme qui nous endort. Dans la société actuelle, à l’époque à laquelle on vit, dans les conditions dans lesquelles on vit, s’occuper de soi-même seulement, garantir sa plate réussite sociale (réussir ses études dans le cas de mon environnement) ne suffit pas à l’épanouissement, ne suffit pas à pouvoir regarder sa vie avec fierté et sentiment d’accomplissemennt. C’est une nécessité pour l’Homme d’aujourd’hui de venir en aide aux autres, de prendre part à des combats qui dépassent sa petite personne. Je ne crois pas qu’on peut sortir du marasme en restant fermé sur soi et centré sur sa propre réussite, simplement, parcequ’au fond s’occuper de soi, au-delà de la satisfaction des besoins, est quelque chose d’absurde. Alors que servir aux autres de son plein gré est une action puissante qui peut nous rendre cette fierté et cette confiance, propres aux héros à l’honneur ce mois-ci.

Pedrof - 31 mars 2008, 11:50

ben si on prend le terme héros "stricto sensu" (c’te crâneuse), c’est quelqu’un qui accomplit un fait exceptionnel, et qui trouvera la reconnaissance grâce à son acte unanimement reconnu. Aujourd’hui le mot a été totalement galvaudé, justement parce qu’on nous vend de l’héroïsme à deux balles...Jeux vidéo qui donnent le sentiment d’être tout puissant, real TV effet poudre aux yeux...Les héros d’aujourd’hui, qui sont-ils ? quelles causes défendent-ils ?

Je crois sincèrement à la notion de héros ordinaire, à portée de main, quand on prend sa vie à bras le corps pour en faire quelque chose qui nous satisfait : faire le bonheur de ceux qui sont près de nous, ne pas fermer ses yeux ou sa gueule devant l’injustice, avoir le sentiment d’être quelqu’un de bien ou essayer de l’être.

Je ne juge pas la vie des autres, j’essaie de considérer la mienne et pas me lever un matin en me disant : "tain mais j’ai rien fait de ma vie, j’ai même pas su être l’héroïne de ma propre vie", tout comme ces bouquins qu’ont fait un malheur chez les gosses "le livre dont vous êtes le héros". C’est pas un hasard si tout ça marche si bien...On veut des héros car sans eux, point de but, point de modèle. Ben moi jveux juste une vie dont je serai l’héroïne, ne pas subir.

@Pedrof : Je hais la routine car ça c’est la médiocrité, je hais la superficialité et l’égocentrisme mais je m’accomplis égoïstement en faisant de ma vie une belle vie, dont je puisse être fière...et y a du boulot. ce n’est pas une nécessité pour l’homme aujourd’hui de venir en aide aux autres, c’est la condition humaine, depuis la nuit des temps, mais nous nous sommes fourvoyés, nous sommes trompés de direction entre avoir et être.

anna coluthe - 31 mars 2008, 13:43

Et ben soyez, plutôt que de ratiociner sur le fait d’être

schuss - 31 mars 2008, 18:23

J’essaie de ne pas me perdre en arguties Schuss, j’essaie...ne pas trop ratiociner et être. Mais je suis obligée de penser pour être non ? A moins que le bonheur ne soit dans l’instinct, l’animal...Je vais y réfléchir... :)

anna coluthe - 31 mars 2008, 18:40

Disons que tout ca ressemble fort a la scène de la réunion d’urgence de "La vie de Brian" des Monthy Pythons : Il faut faire qqch, il faut arrêter de parler pour ne rien dire. Il faut être dans l action et arrêter de s’écouter parler. Bon votons : qui est d’accord pour arrêter de perdre du temps et enfin passer l’action ?. Ensuite nous passerons a la rédaction du compte-rendu de la réunion qui dit qu on doit arrêter de parler pour rien et être dans l’action.

schuss - 31 mars 2008, 18:47

Ok schuss arretons de s’écouter parler, arretons l’auto-complaisance et les "oh oui j’essaie d’être l’héroine de ma propre vie" ou "essayons d’avoir une vie meilleure" parcequ’ attention vous allez finir par croire à ce que vous dites.

en passant - 1er avril 2008, 12:28


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)