Déjà stressée à l’idée des rebondissements qui se dessinent à l’horizon de cette journée mal entamée, je descend les escaliers quatre à quatre et décide de passer voir ma copine Ginette, qui habite non loin, histoire de patienter en sa compagnie jusqu’au soir où mon conjoint rentrera, lui, muni du précieux laisser-passer. Arrivée au pied de son immeuble, je siffle pendant cinq bonnes minutes pour la prévenir de ma venue, espérant qu’elle vienne m’ouvrir l’énorme portail fermé qui bloque l’entrée de la bâtisse. Je décide quand même de patienter un peu, que quelqu’un passe et me laisse entrer, tout en fredonnant un de mes airs préféré, récemment entendu au concert acoustique de Noël (vous savez, celui qui fait * stim stim talala pouet *, j’adore !). Enfin une dame arrive et me permet l’accès au hall, je monte les cinq étages et cogne à sa porte.
Elle m’ouvre, les cheveux en bataille, expliquant qu’affamée la veille, elle a cuisiné le coq qui devait lui servir de réveil-matin, et que, de toute façon, l’animal cohabitait très mal avec le tout nouveau mini-golf d’intérieur qu’elle venait de s’offrir.
Heureusement, j’étais ce jour là sortie avec mon carnet de croquis, je décide donc de lui montrer mes esquisses récentes, justement réalisées au concert pré-cité, afin de partager avec elle l’ambiance de la soirée. A son tour, elle me raconte en détails et mime le livre qu’elle vient d’achever, puis me fait le résumé des toutes dernières nouvelles de la ville, entendues la veille sur l’agora locale.
Mais après ces réjouissances, il me faut à nouveau continuer mon périple. Je vais à la Mairie consulter les registres pour trouver un serrurier, qui pourra le moment venu faire un double de ma clé perdue. Puis à la bibliothèque pour repérer sur un des plans disponibles où se situe le magasin en question, dont je n’avais encore jamais entendu parler.
Enfin, constatant que la nuit est en train de tomber, je décide de retourner chez moi, espérant me faire ouvrir la porte par mon homme. Et là je le retrouve affalé devant sa fourmilière, absorbé par la découverte d’une nouvelle galerie dans l’immense amas de terre qui sert de terrain de jeu à tout son troupeau d’insecte favori. C’est alors qu’il m’explique qu’une grève imprévue des conducteurs de chariotte ne lui ayant pas permit de rejoindre son lieu de travail, il a passé la journée à la maison, avec mon trousseau sous les yeux, tout de même un peu inquiet de ne pas me voir revenir plus tôt. C’est sûr, j’aurais pû vérifier s’il était encore là après avoir été acheter du pain, au lieu de paniquer quand je me suis aperçue que j’avais oublié ma clé. Mais d’habitude, il part toujours avant que je revienne… Ah, si seulement j’avais eu un… comment on appelle cela déjà ? Un téléphone portable !
1Jolie petite histoire sur un ton toujours aussi agréable ; j’ai l’immense chance d’avoir une porte qu’on ne peut ouvrir sans la clef (pas de poignée à l’extérieur), et j’ai du la démonter déjà 5 ou 6 fois pour rentrer chez moi...
Sinon c’est bien la classe d’avoir une fourmilière à domicile :)