Dans Jacques le Fataliste de Diderot, le narrateur s’amusait avec ses lecteurs, affirmant son pouvoir sur ses personnages à qui il pouvait donner n’importe quel destin. En 2004, L’ Effet Papillon réinvente l’écriture scénaristique en montrant tout le champ des possibles et en prouvant que finalement, on n’échappe pas au destin : on peut le retarder, le modifier, mais pas le maîtriser.
Ces deux grandes œuvres, chacune dans leur domaine, illustrent notre peur du hasard et nos questions sur la fatalité ou à l’inverse le libre-arbitre.
Et si ce qui nous effrayait finalement, était la linéarité, notion classique en narratologie ? Cette suite d’événements qui s’enchaînent inexorablement dans notre vie, nous aimerions parfois agir pour qu’elle soit autre.
De la même manière, nous sommes souvent hypocrites, désignant par le terme « chance » un hasard heureux et par « fatalité » ou « destin » une mauvaise pioche.
En bref, on doit accepter une évidence : on croit ou pas au hasard selon que l’on est chanceux ou malchanceux, courageux ou poltron (expression très vieille France, j’kiffe).
Le hasard n’existe pas ou peu : il est à mon sens la combinaison de plusieurs facteurs qui donnent naissance à un événement inattendu quoique, si l’on y réfléchit bien, souvent prévisible...
Prenons l’exemple de la rencontre amoureuse. De Marivaux (Le jeu de l’amour et du hasard), aux études sociologiques de Boris Cyrulnik (Les nourritures affectives) , il apparait que, sauf cas exceptionnel, on ne choisit pas sa ou son partenaire au hasard. La rencontre est déterminée par notre C.S.P., nos études, notre éducation, notre culture…ça tue un peu je sais…pfffff, c’est carrément moins fun la vie d’un seul coup ! Mais force est de constater (HAHAHA ! ça aussi j’kiffe) que cet être exceptionnel, nous le définissons souvent comme nous étant prédestiné parce que correspondant en tous points à nos attentes. Et pour cause !!! nos attentes sont le fruit de ce que nous sommes, tout bêtement !
Idem finalement quand nous croyons échapper au déterminisme social et nous opposer au schéma imposé par notre éducation : même en nous éloignant de ce cadre, nous dépendons de lui puisqu’il en est le point de départ. Si j’ai des parents genre famille Lequesnoy et que ça me gave, je deviendrai peut-être une grosse rebelle mais je ne serai jamais une Groseille. A contrario (florilège d’expressions has been !), si je suis une Groseille, j’essaierai peut-être de changer de condition sociale mais je ne pourrai jamais oublier d’où je viens et je conditionnerai mes actes en fonction de mes origines.
Le hasard est une illusion et y croire serait renoncer à notre liberté : celle d’agir, d’influer sur le cours de notre vie.
Le hasard, c’est bon pour les jeux éponymes mais la vie en est rarement un : on ne vit pas comme on jouerait à la roulette russe, on ne peut accepter d’être une boule de flipper non plus, balancée d’un événement à un autre selon les contingences.
Nombreux sont les auteurs, de romans, de films, qui ont essayé de jouer de la narration pour montrer que nous dépendons tous de la chaîne des événements. L’un des films les plus remarquables à ce sujet est à mon sens 21 Grammes d’Inarritu qui, en déstructurant le fil de l’histoire, nous rappelle, à l’instar du Nouveau Roman, que dans la mémoire, tout est sur le même plan. Il n’y a pas de linéarité temporelle mais plutôt une hiérarchie des événements qui reviennent sans logique, sans repère, selon que les circonstances les convoquent .
Jouer sa vie comme on lance les dès est donc impossible d’une part (ou illusoire), et idiot d’autre part. Chaque acte que nous accomplissons, chaque choix que nous faisons, constitueront un tiroir de plus dans notre mémoire…Autant décider de ce que nous voulons ranger dans ces tiroirs pour qu’ils ne deviennent pas de vieux démons.
Et pour conclure, que chacun réfléchisse à ceci : comment sommes-nous arrivés sur ce site ? sûrement pas par hasard…Remontez la chaîne des événements, ouvrez le bon tiroir…
7En fait l’effet papillon n’a pas vraimment réinventé le concept (d’ailleurs le 2 est trés trés moyen), le voyage temporel étant un théme de science fiction assez courant, déjà le théme du roman le voyageur imprudent de Barjavel (qui d’ailleur y dévelloppe des idées trés limite) et dans différente séries dont code quantum en fait partie en figure de prou, on y retrouve d’ailleurs souvent le problème de paradoxe temporel, la modification du passé impactant l’avenir, ce qui selon les scénario peut entrainé des univers parralléles ou la destruction du monde.
Pour rester dans le thémes scientifique il est dit que si l’ont connais la position et la trajectoire de chaque atome de l’univers ont est capable de prédir l’avenir. Le hasard étant lui aussi un élément qui au final est plus ou moins prédictible, problème rencontré dans toute les machines de type Loto qui sont obligés d’être remplacé très fréquement.
Pour revenir au théme plus social, les rencontres amoureuses j’ai remarqué se font fréquement dans la zone de tribu, je considére une tribu comme un groupe social assez large tournant autour d’un centre d’interêt commun. Ces tribus entrainant souvent des modèles de dévellopement assez similaire c’est pour cela que l’on croise souvent des gens au parcours assez similaire et au niveau d’éducation et de vie assez proche.
Mbfcs2 : Pour répondre a ta question et rentrer dans un peu plus de détail du hasard peu prédictible peut être généré, en informatique le hasard est souvent collecté par des éléments de type fréquence de tape sur un clavier + rotation du disque dur + d’autre élément dépendant d’élement extérieur. Pour des cas plus poussé des lampes lava peuvent être utilisé (oui les mêmes que pour la décoration). Il existe énormement de hasard dans la vie, et même si au final il y a souvent des schéma communs à partir des éléments de bases, le génome généré par la fécondation, le lieu de naissance, la famille est du très grand hasard.
En fait ce qu’on décide de faire augmente ou diminue la probabilité qu’il nous arrive tel ou tel truc. Donc c’est sûr on a un certain pouvoir, mais en même temps c’est aussi possible de tout faire pour qu’il nous arrive quelque chose, et que ce quelque chose ne nous arrive toujours pas. On aura augmenté la probabilité, mais notre chance/malchance fera que ça nous arrive ou pas.
Un exemple simple. Une personne qui a une hygiène de vie rigoureuse, il augmente la probabilité de rester en vie plus longtemps que la moyenne. Mais il peut très bien lui arriver à un moment dans sa vie un truc totalement inattendu (un satellite tombe sur sa maison, il est dans un avion qui se crashe ou l’une des victimes d’un attentat) ; pourtant en terme de statistiques prendre l’avion ou rester à la maison n’est pas dangereux, ici donc ce sera bien la faute à pas de chances.
Donc en fait je crois que tout ce qu’on peut faire c’est jouer avec les probabilités qu’il nous arrive telle ou telle chose, mais il restera toujours une part de "hasard" qu’on ne peut contrôler.
@ Pedrof : "la faute à pas d’chances" ouarf ! la pauv’expression...Toi aussi tu kiffes ? :)
bref, j’ai essayé de comprendre ta démo : soit, il existe un facteur "hasard" évident mais réduit à sa forme la plus simple si l’on part du postulat que les événements qui nous arrivent sont tous liés entre eux par la chaîne qu’engendrent nos choix... Et si tous les gars du monde voulaient se donner la main...blablabla....
Moi j’étais juste parti du principe que la plupart des situations que l’ont vit sont influencées par nos précédentes, à vouloir les répeter ou les éviter. Je ne sais pas si c’est vraiment à relier avec le hasard, mais des situations où il n’y a vraiment aucune influence précédente, il ne doit pas y en avoir beaucoup. Alors ça peut aller du choix d’une route quand tu te promènes et que tu sais pas où aller, à tes relations avec les gens qui vont influer sur ton avenir social. M’enfin c’est qu’une pauvre réflexion que je me suis faite.
Sinon, pour réagir sur ce que disait banux, on m’a toujours appris qu’il était quasiment impossible de reproduire un système aléatoire en informatique, même si on peut assez bien l’approcher.
Anna Coluthe : mouais pour l’aspect déstructuration j’ai pas trouvé irréversible exceptionel et pourtant niveau déstructuration c’est pas mal. Au niveau film destination finale touche aussi au théme sans vraiment rentré dedans, et the jacket rentre par contre lui pas mal dans le théme ; et bien sur l’armée des douze singes (qu’il faudrait que je re regarde).
mbfcs2 : tu peux pas reproduire un systéme vraiment aléatoire avec un ordinateur, par contre tu peux collecter du hasard pour généré de l’entropie utilisé par les programmes ayant besion de hasard.
D’ailleurs je pense que c’est le concept sur lequel vous mettez le doigt, l’entropie, une suite d’élèment et de décision aléatoire qui peut entrainé d’autre événement s aléatoire qui peuvent entrainer un événement majeur, souvent le déclencheur de se type d’événement peut être quelque chose d’infime qui va entrainé des événements en séries, thémes très fréquement utilisé lui aussi.