de plus, votre politique innovante en matière de ressources humaines (35 heures journalières payées 7) me permettra de me familiariser à ce rythme de travail, que je compte appliquer au sein de la structure de textile que je monte dans la cave de mes parents

vanes (bashfr.org) à propos d’EA

mouton.rebelle

Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)

Je dois vous faire une confession, qui risque d’en choquer plus d’un ; mais je suis un ouf, un guedin, aussi je me lance : j’aime bien les gens. Mais les vrais, hein, ceux avec des défauts, ceux qui doutent, ceux à qui tu peux t’identifier et qui te font réfléchir. Et ça tombe bien parce que le cinéma français s’intéresse plus souvent à de vrais gens qu’à des playmobils au sourire détartré et à la personnalité aussi complexe que la préparation d’un Bolino.

“Comment je me suis disputé” est un film 100% français, et nous parle pendant 3h de gens, et d’histoire de gens (les gens entre eux ont souvent des histoires, c’est ça qui les rend intéressants). Il parle surtout d’un gens, Paul (le jeu de mot est fortuit mais je le laisse, j’ai pas froid aux yeux).
Paul a (vaguement) 30 ans, quelques (vagues) amis, un poste à la fac en attendant de valider sa thèse, une chambre dans l’appartement de son cousin, et une copine qu’il ne peut plus supporter depuis quelques années. Paul adore parler et s’écouter parler, Paul est orgueilleux, mais Paul doute...

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Mathieu Amalric interpréte cet homme un peu perdu, et je pense qu’avec n’importe quel autre acteur le film aurait pu devenir très pesant. Ce mec est un génie, je l’avais déjà adoré dans « Rois et Reine » (un autre film de Desplechin dans le même genre, sorti en 2005, je fais les choses à l’envers) ; il joue à la perfection le looser angoissé / sous speed... Je suis fan.
Les seconds rôles ne sont pas en reste, avec des personnages croustillants bien interprétés (Emmanuelle Devos m’est sympathique dans ce film, c’est dire). Une petite pensée pour le cousin qui, illuminé après avoir couché avec Marion Cotillard, souhaite devenir curé...

3h c’est long pour un film sans anneau à détruire ni bateau à couler, et pourtant ça passe tout seul. Bien sûr ça ne plaira pas à tout le monde, c’est très dense, le réalisateur s’attarde sur l’entourage de son héros et ne lésine pas sur les scènes sympas mais superflues. J’ai vraiment accroché, pour la psychologie des personnages, la justesse de leurs relations, et les idées exposées. Si j’avais un reproche à faire, ce serait la voix off qui vient expliquer par moment l’état d’esprit des personnages... Même si ce qui est dit aide à comprendre certaines choses, j’ai l’impression que c’est de la triche, que si le film avait été parfait cet artifice aurait été superflu. Mais c’est un petit détail.
Un beau film, à voir !


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Une longue tirade que j’aime bien et qui illustre (un peu) le film :
Tu vois le plus grand plaisir que je continue à éprouver, même quand je suis malheureux — je me suis encore foutu dans une impasse que je peux plus bouger — mais y a un truc qui vieilli pas c’est l’étonnement quand je mets la main dans la culotte d’une fille que je connais pas pour la première fois. A chaque fois ça fait peur, c’est toujours différent, c’est tellement bizarre. C’est pas du donjuanisme parce que j’ai pas couché avec tant de filles que ça, mais c’est ce moment là qui fait que tu sens que t’es en vie. les gens bidonnent, te racontent que c’est toujours pareil, qu’un con est un con, que les garçons c’est différent et que les filles c’est pareil. Les filles c’est tellement précisément différent là, à chaque fois. C’est pas seulement de l’infidelité, y a des filles même si tu les connais, tu sens que c’est bizarre, pas gagné, c’est dur à expliquer hein. Mais si tu parles de ça aux gens ils te disent "Hé, ça va tu peux commencer à t’habituer quand même, c’est infantile" ou alors ils se moquent "tu dois pas être une bonne affaire au lit", ce qui est tragiquement drôle quand on sait comment la plupart des gens baisent quand même. Et ben tu vois cette réaction des gens qui font la moue genre "ouais j’espère que t’as mieux dans la vie" alors que tu sais que eux ils ont rien de mieux dans la vie même pas ça, ben c’est ça le plus grand plaisir, le moment où je sens que la vie ça vaut tellement la peine — même si c’est trop cher payer. C’est pas Eideguer qui monte sur sa putain de montagne ou je sais pas quoi. Non c’est le visage de la fille, toi qui a un peu peur, qui repousse l’élastique, le début du ventre, tu vois ? Faut pas croire les gens qui te disent "Et ça va, renonce à ça, y a mieux." Y aura rien de mieux dans la vie, et t’as intérêt à t’en satisfaire. Et c’est déjà pas mal.

Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle)

par jojo le 08/09 à 21h38

C’est en lisant la tirade que je me rappelle que j’ai déjà vu ce film. Je crois que j’avais bien aimé aussi, c’est moins reposant que les séries B SF que j’affectionne, mais bon c’est vrai que s’envoyer en l’air c’est déjà plus près que dans l’espace...

Fred Bird - 8 septembre 2005, 22:28

Ce film représente mon cauchemar cinématographique : 3 heures le cul sur un fauteuil pas confortable, avec des histoires pathétiques, fades, plates, ou rien ne se passe et où les acteurs ne font rien passer. Dire que j’ai détesté est encore loin de la réalité.

Didoune - 9 septembre 2005, 10:13

J’aime beaucoup ta critique jojo, apres le film je te dirais quand je l’aurais vu :)

jp - 9 septembre 2005, 18:42

Je trouve dommage la longeur du film, c’est tue un peu le truc. A la fin des 3h on perd un peu le fil du film. Pour ce qui est de Amalric, j’aime beaucoup son jeu, et surtout ses éxpressions et le ton de sa voix. Mais apres, c’est personnel hein ;

Keraoc - 1er novembre 2005, 01:21

oulala un film brillant, enrichissant qui parle de la vie, meme si je ne me reconnais pas a travers ces trentenaires encore a la fac

ben - 8 janvier 2006, 05:21

Pas Eideguer mais Heiddeger, philosophe allemand !...quant au film,il est splendide.

Frédéric Petit - 1er décembre 2006, 12:05

Raté ! C’est HEIDEGGER ! ! ! ! !

scribe - 1er décembre 2006, 12:26

jojo si t’as d’autres films (livre, bd..) dans le style à conseiller je suis preneur. J’ai vraiment beaucoup aimé ce film moi aussi, je suis un peu voyeur dans l’âme, j’aime savoir comment tous les gens gèrent leur vie, j’adore la facon dont ces personnages arrivent à interpréter toutes leurs relations, arrivent à mettre des mots sur ce qu’ils sont en train de vivre.

yannick - 3 avril 2007, 21:01

J’avais adoré ce film lorsque je l’ai vu à sa sortie, et aujourd’hui, je n’ai qu’une envie, aller acheter le DVD pour le visionner tranquillement chez moi !

Crébonsoir - 4 août 2007, 16:48

Je viens de voir le film je l’adore, c’est comme du shakespeare...riche et genereux.... merci pour la tirade c’est vrai qu’elle est bonne !!!

juliette - 18 mai 2008, 10:40

Une purge, un lavement même.

jn52s - 25 septembre 2008, 23:44

Mon dieux de ces dialogues !!! Faut être vraiment très concentré pour tirer la substantifique moelle. On voudrait tout noter, parler aussi bien que lui. Tout à fait d’accord avec Mister monton rebele, pour une fois Emanuelle Devos est supportable. Au debut on se dit que ouai bah c’est vrai elle sait vraiment bien jouer les connes, et puis petit à petit on se fait avoir et on l’adopte.

Je viens de voir le film et ... j’ai qu’une envie, devenir prof de fac pour avoir le temps de me ruinner l’existence comme le fait magistralement Mathieu Amalric avec des soucis transcendentaux d’estète . Un film qui donc demande de l’attention au spectateur et qui la mérite.

A noter la présence d’une part des plus belles actrices françaises, et des meilleures ce qui ne gâche rien à l’affaire. Outre les dialogues, une scène d’abusrde mémorable : Le singe et le radiateur. J’ADORRRRRE !!

Salut à tous

drissoun - 5 décembre 2008, 01:14

J’arrive tranquillement un chouilla en retard : je viens de découvrir ce très bon film. Moi aussi, tout fait dans le désordre, les choses à l’envers comme mouton rebelle : d’abord répéré Mathieu Amalric dans "Actrices", puis "Un secret" et le fameux 007... Séduite, j’ai enchainé avec "le Scaphandre..." et les Desplechin avec dans l’odre de visionnage : "Roi et reines", "un conte de noel" et donc "comment je me suis...". Ils sont top. La vie des gens me passionne, parfois me plombe aussi. Mais me fait définivement aimer la vie. Et surtout ma vie. Ces drôles de films nous rappellent simplement que nous ne sommes pas uniques à nous tordre la tête et les neurones dans tous les sens pour comprendre quelque chose à quelque chose. Quelqu’un aurait-il lu "prolégomènes à la charité" ? ...c’est maintenant sur ma longue liste de trucs à faire.

tv7jouroise - 1er mars 2009, 00:34

Je n’ai pas lu ce livre, et je ne vois pas trop le rapport, mais c’est surement parce que ça fait longtemps que j’ai vu le film... tu me rafraichis la mémoire ? Content ne pas être le seul fan d’Amalric ^^

jojo - 3 mars 2009, 11:12

A un moment donné, Mathieu Amalric l’offre à Emmanuelle Devos en lui disant que ce livre est celui qu’il offre à tous ces amis. C’est idiot mais ça m’a donné envie de le lire. On est vraiment bêtement influencable parfois.

tv7jouroise - 3 mars 2009, 19:02

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fwUtntZJoTs - 22 juillet 2009, 02:16

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ExnAyXFI - 25 juillet 2009, 12:04

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yDYyDvUjvJo - 18 août 2009, 06:16

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WoOzpmRmcIuEaxW - 18 août 2009, 07:55

... à me lasser de ce chef d’oeuvre, un des rares films que je trouve... trop courts ! Si Depleschin a la sotte idée d’en faire une version "redux"... qu’il saute dessus ! A l’instar d’un commentateur supra, même l’énervante Emmanuelle Bedos parvient à m’émouvoir... quant Jeanne "weirdo" Balibar, c’est la plus belle femme que l’on puisse imaginer. Rhaaaaa lovely ! J’ai eu beau chercher du côté de la Sentinelle, je n’ai pas retrouvé cette extase cinématographique. A quand Dedalus, le retour ? (Saint Cloud Mister Joyce)

- 21 décembre 2009, 18:36


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