réveil Popovitch blog bd show
19 septembre 2007,14h06

Chroniques d’une cyber-cultivatrice

« Virtuellement réveillée »

On a tous une astuce pour se dépatouiller des brumes matinales, restes de rêves pendus à nos yeux alors que le soleil se lève. Adeptes du café-quelque-chose, de la douche précipitée, de la musique à fond les ballons, ou encore du calin du matin tsouin-tsouin, il faut cependant bien avouer qu’on n’est pas vraiment égaux devant la difficulté. Je pensais justement à cela il y a quelques jours en donnant des coups de pied dans la porte de mon frère, décidée pour une fois à tout mettre en œuvre pour faire notre fameuse « réunion de travail du matin », à 13 heures (ne rigolez pas, je reste persuadée que l’usage intensif de l’ordinateur dérègle les cycles de sommeil, et favorise les grasse matinées, donc je recommande la sieste pour pas louper KD2A).

C’est alors que j’ai réalisé que depuis au moins 6 ans, mon premier réflexe, après le café-truc (pas turc hein, mais truc, genre une clope OU un bisou si disponible), c’est de m’affaler devant mon ordinateur.

L’allumer, attendre, me connecter à internet...

Cyber-Consommatrice-Contaminée, je met un peu de musique, regarde vite fait quand même sur mon agenda si j’avais pas un rendez-vous de prévu il a 2 heures, vérifie que rien ne bugg, que rien n’a changé pendant la nuit. Ouf !

Et tant que tout cela n’est pas fait, je ressens comme une sorte d’inconfort inexplicable à un non-initié-NTIC, que mon compagnon a d’ailleurs mis quelques mois à comprendre. Comment justifier en effet, que oui, le web change à chaque instant, que certains mails très important peuvent arriver en pleine nuit, que de nouvelles informations primordiales sont divulguées à chaque instant sur la toile ? Qu’il est important que la connection ADSL n’aie pas sauté, au risque de retarder les téléchargements, ou encore rendre impossible tout accès à mon serveur internet ? Que pénétrer ce monde étrange et persistant est conditionné par la liaison filaire au DNS le plus proche, et que sans ça, rien ne serait jamais plus pareil ?

Bien sûr j’exagère, car il faut bien argumenter pour comprendre ce qui nous relie, « nous les gens du web » comme dit mon meilleur ami hacker, au monde de l’information.

Il est évident que lors de mes déplacements hors de portée d’internet, j’arrive TOUT A FAIT à me passer de ce petit rituel matinal.

Je me contente d’allumer mon téléphone portable et regarder si j’ai pas reçu de sms ou message vocal pendant la nuit, de brancher la télé pour écouter les informations, voire, si je suis vraiment isolée, d’écouter mon lecteur MP3.

Ceci dit, je me rassure en pensant à mes années d’addiction à Dark Age Of Camelot, pendant lesquelles je ne dormais qu’en période de non-guerre de royaume (quitte à me faire réveiller pour défendre un donjon en pleine nuit) ; ou encore ma période de dématérialisation, pendant laquelle j’ai vécu presque un mois enfermée chez moi avec une webcam 24/24h connectée en streaming sur un website, mon premier réflexe du matin étant alors de dire bonjour aux éventuels connectés en ligne, et de lire les messages laissés de nuit par les visiteurs… C’était le bon temps de la découverte, de l’expérimentation des incroyables aventures que « la toile » nous permet de vivre. Du coup avertie des méfaits possibles (IRL évidemment) des connexions permanentes, je n’ai même pas essayé Second Life, et ma version actuelle d’MSN est tellement light que je vois pas les émoticones animés – pas de bras, pas de chocolat ; pas de vidéo, pas de webcam = du temps de gagné !

Ce qui m’étonne dans tout ça, c’est que je n’ai jamais rêvé du web… Finalement, peut-être qu’on ne peut pas rêver d’un rêve, que cela n’existe pas, que c’est cela le virtuel ? D’ailleurs, au Dessiné c’est Gagné, on le représente comment Internet ?

En tout cas, c’est décidé, demain je prépare un vrai petit déjeuner dans mon jardin, j’écoute le chant des vaches et prend le temps de faire un petit footing avant d’entamer ma journée de boulot. Et pour ça il faudra que je me lève tôt, alors je vais tout de suite programmer mon PC en fonction réveil. Vers 10 heures…

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Mina


Je plussoie, fois 10, fois cent. Je pense pas être le seul à me reconnaître la dedans. Et oui, regarder ses mails le matin, c’est primordial. Pas indispensable, mais c’est nécessaire. On est des gens connectés, on sait sans passé, et en général sans problèmes pendant même des longues périodes, mais quand on peut, on le fait. Tu décris bien les périodes pendant lesquelles on peut parfois rester coincer dans cette univers, sans pour autant être TOUT le temps accro.

Rêver d’un rêve ... ca c’est une bonne question. Internet n’est qu’un rêve ? Comment définir cette chose, qui bien que au final inexistante, impalpable, ou alors tellement reparti entre des milliers d’endroits que intouchables, fait aujourd’hui partie intégrante et pour certaines indispensables de nos vies. Et pourtant, rien n’a jamais autant rassembler, unifier, partager que cette technologie la.

J’aime beaucoup ton texte. Vivement CyberCulture #2.

keraoc - 19 septembre 2007, 22:27
je viens de trouver une petite série de courts métrages diffusé sur nolife qui me font furieusement penser à ton article :)
chaque épisode fait 5 minutes, et c’est ici.
jojo - 21 septembre 2007, 14:30
NIKEL !!!! I LIKE IT !!! Power !!
Systaime - 2 octobre 2007, 12:40
Excellent NerdZ de Nolife !! forcément j’adore :p
mina - 2 octobre 2007, 14:01

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