Ô rage, ô désespoir, ô Valeur Travail travestie
N’ai-je donc tant travaillé que pour ce salaire amaigri ?
Et ne suis-je blanchi dans d’aliénants travaux
Que pour voir en un jour flétrir tant de mes euros ?
Mon labeur qu’avec respect toute ma famille admire,
Mon labeur, qui tant de fois à sauvé l’entreprise,
Tant de fois affermi le cours boursier de son roi
Trahit donc mon pouvoir d’achat, et ne fait rien pour moi ?
Ô cruel souvenir de mon salaire passé !
Oeuvre de tant de jours en un jour effacée !
Le malheureux pour montrer son bon choix,
Visait une urne large, laissant tomber sa voix.
Le Sarkozy nouveau s’en saisit, et dit : "Mon bon Monsieur,
Vous travailliez ? J’en suis fort aise.
Et bien ! Travaillez encore plus maintenant.
Cette leçon vaut bien un salaire, assurément. "
Le besogneux, honteux et confus,
Jura, mais un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus.