Si tu ressuscites Un grain de granit Je saurai me faire petite

emilie simon

mouton.rebelle

5 - E411

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Un printemps qui vient, s’étalle, opére, impose, meurt, meurt, meurt en moi à s’effacer des mes yeux et ne jamais réaparaitre.

La nuit recouvre, impose sa loi, son faux silence. La nuit s’infiltre et dépose ces êtres en moi qui me poussent à partir, s’élancer sans prendre son souffle, s’engouffrer dans ce manteau noir d’obscurité. Et je part ainsi vétu de rien sinon mon propre corps, de toutes facons on est toujours nu la-bas, où régnent les ombres.

C’est comme un appel, un chant de sirène qui vous attire, irrémédiable, fatidique, sans échapatoire. Un ronflement lointain et des lueurs, vous devez savoir. L’obscurité vous entoure peu à peu, mais il y’a ces réverberes, les lampes au sodium qui vous rassurent, qui éclairent le chemin comme une évidente voie tracée. Vos pas s’enchainent, infernaux, ils vous emménent, élaguant les distances, recréant derrière vous ce vide, comme un espace qu’on quitte. La route est pleine de petit cailloux, irrégularité sur cette disparité humaine, ca craque sous les chaussures, ca craque dans vos têtes et on se sent libre comme l’air. On progresse, on s’enfonce, au rythme du nivellement, on avance, traversant les intersections, franchissant les obstacles, abandonnant à d’autre cette demi nuit faite d’obscurité éclairée, laissant cette demi-vie pleine d’oublis. Et à la croisée on la rencontre, la vraie, l’obscurité noire qu’on ne voit jamais, elle est la partout, rampante, se cache derrière chaque arbre qui borde le chemin. L’inquiétude s’installe en vous, toutes ces petites choses qui sont belles sous la lumiéres vous semblent maintenant baignées dans l’horreur complète, et alors que vous vous enfoncez dans la campagne, loin de toutes ces lumiéres, poursuivant ce cri lointain, chaque repli de terrain et chaque branche semble prêt à vous acceuillir dans son repos éternel. La peur se lève, elle vient en vous, vous prend au coeur, vous ressentez cet étourdissement, vous sentez ce malaise grimper. Angoissé vous écoutez de toutes vos forces alors que sous vos pas la route crisse encore. Seule votre respiration transperce la nuit, pourtant a caque pas supplémentaire il vous semble que tant d’autres bruits déchirent cette obscurité. Vous vous enfoncez encore, progressant, précipitant votre propre fin, car vous savez que c’est sans issue, il faut être traqué ou être le prédateur, alors qu’elle vienne la mort, je lui cracherais à la gueule, vous l’attendez, votre peur vous fait rire, vous vous en nourissez, elle est puissante, forte et grande, grace à elle vous avancez encore. Qu’elle viennent la faucheuse et c’est moi qui lui ferait la peau pour une fois, qu’il viennent ces monstres étranges qui peuplent mes cauchemars, ces êtres sans nom, je les créverais tous un par un de mes propres mains. Je n’ai rien à perdre, qu’il viennent et nous sauront qui était le meilleur. Ha je me ris de ma peur, je la transcende, car je suis plus puissant qu’elle, je suis traqueur, c’est de moi que les proies doivent avoir peur. Un sourire éclaire alors votre visage, démoniaque, vous ressentez les effets de cette folies et vous continuez, plus loin, toujours plus loin, parce que vous êtes le plus fort. La border line semble franchise, la démence vous accompagne et vos pas deviennent appat, guettant, à l’affut de la mort. Vous jouissez de ces instants, chaque sinuosité du chemin, chaque arbre inquiétant bordant votre route est pour vous une nouvelle mort, vous en avez le goût aux lêvres et les larmes amères qui perlent aux paupiéres...

Au dessus de vous les étoiles resplendissent, voûte étoilée qui recouvre le toit du monde, comme un papier peint sale, une carroserie griffée, et la voie lactée qui s’étend d’un cotés a l’autre de la terre. Je ne sais pas quel poète stupide a pu décrire un jour la beautée d’un ciel étoilé, inconscience, les étoiles sont juste là pour vous rapeller qu’elles ne brillent pas assez fort pour vous éclairer, les étoiles sont là et vous les voyez, mais elle vous empéchent de voire la peur tapie dans l’ombre, la mort qui rode et les bruits autour de vos pas. Les étoiles sont pâles, blanches comme une noyée, elle ne sont qu’espoir et promesses et donc mensonges et déceptions. Et vous leur criez de venir, sales petites lucioles, venez aussi et vous verrez ...

Des armes, des armes, des armes Et des poètes de service à la gâchette Pour mettre le feu aux dernières cigarettes Au bout d’un vers français [...] (c) Noir Désir

Le briquet rechigne justement, il vous refuse l’accès a ce paradis artificiel, traitre parmis les traitres vous le secouez. Il frotte, encore et encore sans résultat, il frotte votre peau, l’abime, vous fait mal. C’est toujours comme ca quand on se frotte. Enfin une flamme jaillis, transperce littéralement l’obscurité et allume votre gauloise. L’odeur tu tabac, un petit délice en soi, vous respirez uniquement le petit tube blanc avant d’en jouir, et la vous aspirez a fond, pleinement, remplissant vos poumons de cette fumée noire, suicide assisté, comme si la nuit descendait en vous. vous ne marchez plus vous êtes à l’arrêt en contemplation devant votre découverte, celle qui vous apellait de ce chant mélodieux. Vous êtes sur le pont 77 juste avant la sortie n°37 Verlaine, autoroute E411, réduite a deux bandes pour rénovations. Vous vous accrochez a la balustrade, regardez en bas, partout l’obscurité. Au loin seul la sortie est éclairée, le reste de l’immense saignée est plongée dans le noir. La route est immense, elle s’enfonce loin dans l’obscurité et semble toute droite tracée pour rejoindre la lumiére, deux demi ellipses qui se rejoignent, comme un paradis virtuel, inacessible et lointain. Vous tirez sur la cigarette. Alors que les endomorphines progresse dans votre cerveaux, alors que la béatitude vous pénétre, une lumiére apparait dans l’obscurité, elle progresse elle aussi, devient plus puissante a chaque instant, vous aveugle même tant elle est resplendissante, et vous dépasse alors, sans même vous remarquer, partie rejoindre la lumiére la-bas au loin, c’est toujours comme ca avec les lumiéres dans vos vies, ca vous aveugle, ca vous dépasse et ca vous oublie, mais vous ne les oubliez pas, vous restez la et vous ne voyez même plus les étoiles. Alors que la nuit vous entoure, vous avale, vous vous rendez compte que la perpendicularité de ce pont par rapport a la route vous mets définitivement hors de portée du bonheur. vous ne pouvez allez que de droite à gauche, pas en avant, ni même en arriére, les lumières comme l’obscurité profonde vous sont interdits et vous avez envie de pleurer. Le silence, plus rien autour de vous sinon ce grand vide, et il suffirait de sauter pour y mettre fin, il suffirait de ca, pour arrêter le prochain trois tonnes. Mais vous vous rendez compte que votre voyage au bout de la nuit ne fais que commencer, vous écrasez votre cigarettes, et vous faites demi tour, retour vers la civilisation, là ou vous attendent maintenant la drogue, le viol et le meurtre, ces raisons qui vous poussent a continuer, ces choses au fond de nous qui brûlent la nuit et qui nous permettent de nous enfoncer toujours plus loin dans l’obscurité.

grima, 25 avril 2004

Addendum : Sur le retour, au détour d’un chemin, vous croisez un bouquet de lila, qui pousse la innocement sous un piquet de cloture. Une vache vous dévisage alors que vous ceuillez une des fleurs, si belle, si fragile, étrange, comme un signe. Vous hésitez à piétinner toutes les autres, en signe de défi, mais vous croyez encore assez en l’innoncence pour les laisser en paix. Cette fleur m’accompagne maintenant, elle n’aura pas vécu plus loin et notre rencontre aura été sa mort. Mais là haut sur la colline, poussent encore quelques fleurs, à qui personne n’a rien demandé ...

par grima le 25/04 à 15h46

swx - 25 avril 2004, 16:19

j’ai corrigé les fautes que je voyais (plein) parce que sorti de ça je vois pas trop quoi faire pour t’aider.

j’aime bien l’image des routes perpendiculaires, mais la clope comme suicide et comme premier pas vers la déchéance et le refus de tout me fait mourir de rire.

wake up, néo

jojo - 25 avril 2004, 19:56

merci j’avais même pas relus ...

note que je ne fume pas, une cigarette ca m’arrive extrémement rarement (la derniére justre avant noel) quand ca vas mal.

Sinon est-ce le début de la fin ou la fin du début ?

grima_is_so_alone - 25 avril 2004, 20:32

ça dépend de l’échelle à laquelle tu te places. pour toi c’est la fin du début pour l’homme c’est le début de la fin

jojo - 25 avril 2004, 20:42

Home is behind The world ahead And there are many paths to tread Through shadow To the edge of night Until the stars are all alight

Mist and shadow Cloud and shape Hope shall fail All shall fade

grima is so alone - 16 mai 2004, 00:27


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