Ha nous venons de quitter les fêtes de fin d’année. Noël ! Noël ! Le fête des gosses, la fête du bonheur, des retrouvailles en famille, les repas interminables pour lesquels tu vois pas la différence entre le déjeuner et le dîner puisque t’auras pas bougé ton cul de ta chaise. L’ouverture des cadeaux, moments de pure joie ! Non décidément, je déteste Noël.
Déjà commençons par l’avant Noël. Un mois et demi avant (juste après Halloween en fait), tu le sens déjà arriver Noël. Et fort ! Toutes les superbes illuminations sont déjà toutes allumées en ville (« T’as vu ils ont changé la boule lumineuse sur la place c’est beau non ? » « Non ils ont juste remplacé les ampoules grillées ! »). Là où il y a les commerces, le reste ça pue. Le quartier de la Villeneuve il est pas éclairé, chez Jo non plus y a pas de luminettes aux lampadaires, c’est comme le reste de la l’année, c’est triste et ça pue (mais j’avoue que le coucher de soleil est joli). Tu le sens aussi arriver par la télé. Là d’un coup tu te rappelles que Mattel, Lansay et Bandaï n’ont pas coulé et que Barbie et GI Joe ont encore de beaux jours devant eux. Tu t’en rends encore plus compte quand Barbie et son Cheval Magique™ viennent te faire chier pendant la coupure pub des redifs de feu C’est Mon Choix. Après tu te sens pollué (très légèrement quand même) par les parfums, qui te rappellent que ta mère t’as dit récemment d’une manière innocente qu’elle n’en avait plus, du parfum de merde à 500 balles la bouteille. Et puis les montres de luxe Desjoyaux. Pour Noël, offrez le rêve à votre paternel. Pour finir tu as toutes les bombasses qui vantent les mérites de Labeyrie. Et quand tu commences à te dire que le foie gras n’est plus très loin, c’est que ça sent vraiment Noël. Là tu sais qu’il va falloir te bouger un peu le derche pour aller chercher les cadeaux de ta petite famille.
Alors les cadeaux, c’est vachement bien à recevoir, à ouvrir, je me rappelle quand j’étais petite et que mes parents me sortaient le bateau traditionnel. Avec mon père qui disait avoir envie d’aller faire un tour, je reviens dans pas longtemps ma chérie, et trois minutes après la sonnette et l’excitation qui montait quand ma mère me disait « ma chéériiiie c’est le Père Noël, va dans ta chambre mon bichouillou s’il te voit ici il ne te laissera rien ». Je me rappelle la façon dont je me tordais le coup pour voir les pieds du père Noël sous la porte de ma chambre jusqu’au jour où j’ai réalisé que le père Noël avait les pompes à mon père... Déception. Donc les cadeaux c’est cool, mais les acheter !! Quelle merde ! Il faut enseigner aux jeunes à ne jamais révéler à leurs parents qu’ils savent que c’est du flan, parce qu’après on t’envoie au casse pipe. Mais le cadeau est l’ennemi de l’homme quand, comme moi, et comme 90% des occidentaux qui fêtent Noël, ben tu te rends compte le 24 à 17h que t’as pas encore fini tes cadeau. Et là c’est le drame... Le monde, les gens qui te veulent du mal, les stocks épuisés, la foule, les dings dings dings des clochettes de merde parce que les déco ne sont plus seulement lumineuses elles te pourrissent aussi les oreilles.
Mais surtout Noël c’est LE jour où tu dois être heureux. T’as pas le choix, le malheur est interdit à Noël. D’ailleurs les choses sont bien faites vous avez remarqué ? Un tsunami en Asie du sud est, 150 000 morts du malheur partout c’est vrai mais... du malheur à partir du 26 décembre ! Jamais le 25 ! Et comme par hasard, le 24 tout le monde se donne la main pour te pourrir ton moral. Par exemple cette année, le 24 normal je me rends compte à 17 heures qu’il me manque les cadeaux de mon père. Bon allez hop je vais allez faire un tour vite fait en ville, en rasant les murs pour croiser personne, dans une heure c’est torché je suis à la maison. Ben voyons ! Non seulement une heure après t’es toujours dans ton gargouilli à chercher ton cadeau de merde avec tous les gens que t’as pas envie de voir qui t’attendent à tous les coins de rues, prêt à vouloir te gâcher ton Noël ! Bande de chiens ! Donc là je cherche péniblement mon cadeau avec une bonne idée sous un bras et mon brother sous l’autre (j’ai galéré pour le porter, il commence à être lourd l’animal) et là au détour d’une rue (la première en fait) on tombe sur mon cousin. Cool ! La famille ça faisait longtemps ! C’est ça le problème ça faisait trop longtemps. Parce que c’est une situation difficile que de se retrouver en face de sa famille et que tu dois te la jouer un peu poli quand même (on est pas des sauvages non plus) alors que t’as strictement rien à dire.
« Tieeeens salut ! ... Heu... Salut !!! Alors cette deuxième année de médecine ??? » (génial j’ai un sujet de conversation standard qui passe bien ça, il fait médecine, en deuxième année, on va tenir les trois minutes suffisantes.)
« Heu je suis en troisième année en fait. »
Et merde !!! Raté. Surtout que le cusin en question ne trouve rien de mieux à me dire que Noël ne s’annonce pas bien parce que sa meilleure amie a choppé un cancer et il s’est généralisé il lui reste trois mois à vivre... Qu’est ce que tu veux répondre à ça ?? Désolée mais c’est Noël hein ! Alors tu n’as pas le droit d’être malheureux ! A Noël c’est interdit d’être malheureux !!! Et vient pas essayer de me gâcher le mien avec ton malheur j’ai déjà pas de compassion d’habitude je vais pas en avoir aujourd’hui non plus. Non mais des fois !
Et le pire c’est que c’est pas le seul à m’avoir fait ce coup là . Au détour d’une autre rue, on croise un clodo qui nous rappelle que lui passera Noël dehors. Mais putain c’est quoi ce complot pour essayer de me rappeler combien je suis une privilégiée ?? Vous essayez de me faire culpabiliser c’est ça ?
Je vous rassure, j’ai bien vite oublié les malheurs des autres pour me concentrer sur mon foie gras et mes papillotes Révillon (celles qui t’offrent Sacha Guitry avec). Le 26 j’ai pu reprendre une vie normale, c’est-à -dire n’en avoir rien à foutre des autres, mais sans qu’ils me fassent chier avec leurs malheurs.
il me plait bien celui-la.
Sinon qui est pour interdire noël l’an prochain ?
Une seule chose à dire : GENIAL XDD
Qu’est ce que c’est drôle, et si sincère... Non mais je le pense vraiment <_< y’a des jours où j’aimerais être aussi objectif sans avoir peur des mots.